Communiqué de FO

Annonces logement : stratégie et coups bas…

, Anne Baltazar

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Le ministère de la cohésion des territoires a dévoilé le 20 septembre sa stratégie pour le logement : choc de l’offre soutenue par une réforme structurelle baptisée « inversion de la fiscalité immobilière », refonte des dispositifs de soutien à la solvabilité des demandeurs (aides au logement) et doublement du programme de renouvellement urbain. Il est question d’aller plus vite, plus fort et mieux, de produire plus et moins cher. Vouloir construire vite est une bonne nouvelle : le gouvernement reconnait qu’il y a urgence à produire… Les besoins sont connus : il faudrait produire 500 000 logements dont 150 000 logements sociaux par an pour faire face.

Mais à y regarder de près, on est inquiet. Ce choc de l’offre est réservé au privé et ne fait nullement mention de contreparties sociales, et ne repose pas sur une évaluation sérieuse des dispositifs précédents. Les incitations fiscales et l’assouplissement des normes sont brandis comme une formule magique et fleurent bon la logique libérale.

Car malgré les annonces concernant l’hébergement, il est question d’économies. La stratégie qui vise les allocataires ou les futurs allocataires des aides au logement, met le secteur du logement social et l’allocataire en ligne de mire. De fait, le gouvernement vient ouvertement soumettre le soutien à la solvabilité à la contrainte budgétaire. En résumé : on ouvre les vannes pour les investisseurs privés et on serre la vis aux allocataires présents et à venir.

Pour calmer la légitime émotion que la mesure suscite, on se propose de mettre à contribution les bailleurs sociaux en annonçant unilatéralement une baisse des loyers, en gage d’équité et d’équilibre. Or malgré les dénégations, on précarise les uns et les autres et on déstabilise le système de financement du logement social.

L’autre impact de la mesure concerne plus généralement la protection sociale. On nous dit que les aides personnelles pèsent trop lourd. Or si leur poids augmente c’est que le nombre de personnes éligibles augmente. Et surtout il s’agit d’un droit ouvert. Baisser unilatéralement les aides personnelles revient à remettre en question ce droit ouvert et à impacter la redistribution.

Force Ouvrière rappelle son opposition à la baisse des aides personnelles. Autre crainte : l’intérêt que manifestent les pouvoirs publics pour la mobilité dans le parc social. Là aussi Force Ouvrière s’oppose à toute remise en cause du principe fondamental du logement social que constitue le bail à durée indéterminée pour les locataires d’un patrimoine collectif constitué avec les ressources de la solidarité. La gestion de la mobilité doit relever des bailleurs sociaux.

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Anne Baltazar

Conseillère auprès du Secrétaire général Chargée du Handicap



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Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les plus passionnés et les plus résolus du syndicalisme libertaire. Après la mort de Fernand Pelloutier, il dirigea la Fédération des Bourses, dans la conception révolutionnaire de son maître. Dans ses articles virulents de La Voix du Peuple, et dans ses brochures, intitulées : L’ABC syndicaliste et Manuel du Soldat, Yvetot préconisa la grève générale t l’action directe pour une révolution sociale qui abolit radicalement la propriété individuelle et le système capitaliste de la production. Au Congrès de Bourges de 1904, il défendit l’indépendance syndicale et combattit la collaboration avec les partis politiques. Pour sa propagande antimilitariste acharnée et irréductible, il fut souvent poursuivi par les gouvernements et emprisonné à la Santé et à Clairvaux. Pour son intransigeance doctrinale et pour sa réputation de vouloir « mordre » ses ennemis, on l’avait surnommé le « bouledogue » de la CGT. Yvetot fut un exemple de courage, de désintéressement, de modestie et de loyauté et comme disait Marcel Sembat, lors d’un procès d’Yvetot à Nantes, lorsqu’il fut condamné à quatre ans de prison pour agitation antimilitariste, « c’est un militant ardent et sincère, d’une grande droiture d’âme, au langage vif et châtié ».