Communiqué de FO

Concertation apprentissage - Remise du rapport final par Sylvie Brunet

, Michel Beaugas

Recommander cette page

© Frederic MAIGROT/REA

La concertation apprentissage s’est clôturée hier avec la remise sur table du rapport de Sylvie Brunet, après l’annulation de la quatrième réunion des groupes de travail. Ce rapport, écrit sur la base des travaux de groupe, s’inscrit dans le cadre du document d’orientation de la négociation nationale interprofessionnelle sur la formation professionnelle et formule 44 préconisations. Il exclut d’emblée la question de la gouvernance et du financement, sur lequel il ne formule aucune proposition.

Pour Force Ouvrière, un certain nombre de propositions semblent aller dans le bon sens, notamment le renforcement de l’orientation et de l’information des jeunes, le développement de passerelles entre filières, le renforcement de l’accompagnement du jeune tout au long du parcours d’apprentissage, le renforcement des droits des apprentis en situation de handicap.

Néanmoins, certaines propositions ne sont pas assez ambitieuses :

- La rémunération des apprentis n’est pas satisfaisante puisqu’il s’agit uniquement de la faire évoluer en la basant avant tout sur le niveau de diplôme, ce qui laisse entendre que les critères d’âges demeureraient.

- Le renforcement du statut du maître d’apprentissage par une formation obligatoire va dans le bon sens, mais la réserver aux nouveaux est insuffisant ; la rétribution financière est renvoyée aux négociations de branche ou d’entreprise ou à défaut à la fixation d’une indemnité minimale, mais aucune précision sur son financement ! Le rapport botte en touche, sans préconisation réelle.

- La liberté de choix du jeune entre voie scolaire (lycées professionnels) et voie professionnelle (CFA) n’est pas protégée.

Force Ouvrière s’oppose enfin et surtout aux propositions d’ouverture de l’apprentissage au-delà de 25 ans et sans borne d’âge, qui concurrencera les contrats de professionnalisation et les embauches en CDI. Force Ouvrière s’oppose également à la suppression du contrôle par les prud’hommes de la rupture du contrat d’apprentissage. Tant que d’autres modalités de sécurisation ne seront pas mises en place, cette solution fera inévitablement peser la responsabilité de la rupture sur le jeune apprenti.

Ce rapport constitue un point d’étape ; il ne préjuge en rien des résultats. Nous resterons attentifs aux suites qui seront données à ce rapport.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Michel Beaugas

Secrétaire confédéral au Secteur de l’Emploi et de la Formation professionnelle


  • Assurance chômage
  • Formation professionnelle continue
  • Politiques de l’Emploi
  • Travail temporaire & Travail saisonnier

Envoyer un message à Michel Beaugas

Sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Newsletter - Communiqués

Abonnez-vous à la lettre d’information « Communiqués de Force Ouvrière »

Agenda

Tous les événements à venir

  • Vendredi 14 décembre de 08h15 à 08h25

    Europe 1
    Yves Veyrier sera invité à la matinale, animée par Audrey Crespo-Mara, en direct sur Europe (...)

Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...