Rail

Après le suicide d’un cheminot : de la peine à la colère

, Evelyne Salamero

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Photographies : FO Cheminots

Cinq jours après le suicide d’un cheminot, Édouard Postal, délégué du personnel Sud-Rail à Paris Saint-Lazare, plusieurs centaines de ses collègues se sont rassemblés ce 15 mars au matin devant la gare, à l’appel des organisations syndicales, dont FO.

Ils sont venus rendre hommage à Édouard, dont le prénom apparaît sur les banderoles, mais aussi revendiquer justice, expliquant que leur camarade a été victime de discrimination syndicale et d’un management anxiogène.

Plus largement, ils revendiquent l’arrêt de la répression anti-syndicale.

La Fédération FO Cheminots, qui alerte depuis des mois sur les risques psychosociaux particulièrement élevés à Paris Saint-Lazare, et dont trois délégués syndicaux vont prochainement passer en conseil de discipline, souligne : La répression envers les cheminots est aujourd’hui devenue monnaie courante […] il faut que les Fédérations (CGT/SUD-Rail/FO) dont les militants sont pourchassés, traduits en conseil de discipline, radiés, déplacés par mesures disciplinaires […] mettent en commun leurs forces afin qu’un [tel] drame […] ne se reproduise plus jamais.

Édouard avait gagné aux prudhommes en 2012…

Une enquête interne a été lancée lundi 13 mars à la SNCF à la demande du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) pour déterminer s’il peut exister une relation entre les faits survenus et la relation au travail du salarié.

En arrêt maladie depuis juillet 2016, Édouard était responsable opérationnel des services à Saint-Lazare. Il avait obtenu en 2012 aux prud’hommes la condamnation de la SNCF pour discrimination salariale et harcèlement.

Ce jugement avait été confirmé en appel en 2015, et les dommages et intérêts alourdis, mais l’arrêt de la cour d’appel a été annulé par la Cour de cassation en septembre 2016.