Le gouvernement s’en prend de nouveau aux arrêts de travail. L’augmentation rapide des arrêts et donc des indemnités journalières (17,9 milliards d’euros, en hausse de 7 milliards d’euros en dix ans) n’est pas soutenable
, argue l’exécutif qui a annoncé le 9 avril un plan contre l’absentéisme au travail. Celui-ci prévoit de renforcer le contrôle des arrêts maladie des salariés, en particulier pour ceux qui sont en arrêt de longue durée (18 mois), en arrêt AT-MP depuis plus de trois ans ou pour ceux ayant eu recours à la téléconsultation pour obtenir un arrêt de travail.
Un plan qui n’agit pas sur les causes
Les contrôles de l’Assurance maladie augmenteront de 6 %, soit 740 000 actions en 2026. En parallèle, le gouvernement entend cibler les entreprises à fort absentéisme. Celles qui refuseraient des solutions d’accompagnement, proposées pour élaborer un plan de prévention des risques, feront l’objet d’un signalement
transmis au ministère du Travail. Le gouvernement prévoirait ainsi 680 000 contrôles en direction des entreprises.
C’est bien de contrôler les entreprises, sauf que le ministère ne prévoit pas de sanction financière à leur égard. Ce plan n’est pas assez coercitif pour être efficace. En outre, les contrôles envers les salariés sont stigmatisants. S’ils sont en arrêt, c’est bien qu’il y a un problème, entre autres de conditions de travail dans leur entreprise
, réagit Éric Gautron, secrétaire confédéral FO chargé de la protection sociale. Pour lui, ce plan actionne de faux leviers : Si on veut vraiment agir à la racine du problème des arrêts de travail, il faut faire beaucoup plus de prévention via la médecine du travail. Or, le gouvernement n’est pas prêt à mettre les moyens pour en renforcer les effectifs. Il préfère rester dans un prisme comptable, en s’attaquant aux assurés.
