Protection Sociale

Assurance chômage : pour FO le combat continue

, Clarisse Josselin

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© HAMILTON/REA

Les négociations sur la réforme de l’Assurance chômage ont échoué le 20 février. Pour FO, la responsabilité en revient à la fois au gouvernement et au patronat. L’État reprend la main. Dans le cadre de la concertation à venir, FO va continuer à se battre pour préserver les droits des demandeurs d’emploi et faire appliquer le bonus-malus.

Divisées sur la question de la lutte contre la précarité, les organisations syndicales et patronales ne sont pas parvenues, le 20 février, à trouver un compromis sur la réforme de l’Assurance chômage. La dixième séance de négociation s’est achevée sur un constat d’échec.

Pour Michel Beaugas, secrétaire confédéral chargé de l’emploi et négociateur FO, la responsabilité en revient en premier lieu au gouvernement, qui a voulu imposer la contrainte de sa lettre de cadrage. Il nous fallait faire 3,9 milliards d’économies en trois ans, uniquement sur le dos des demandeurs d’emploi, pour FO c’était inacceptable dès le départ, dénonce-t-il. En revanche, la mise en place d’un bonus-malus sur les cotisations patronales pour lutter contre l’explosion des contrats courts n’était pas explicitement imposée.

Pour FO, le patronat porte la seconde responsabilité de cet échec. En trois mois de négociations, il a toujours refusé de négocier sur le bonus-malus et d’aborder notre proposition d’un système où, selon un chiffrage de l’Unédic, 82% des entreprises seraient gagnantes, ajoute Michel Beaugas.

Le futur calendrier dévoilé le 26 février

Le projet porté par FO consiste à moduler les cotisations patronales en fonction d’un taux pivot lié à l’utilisation des contrats précaires dans l’entreprise. Seules les 17% d’employeurs qui abusent subiraient un malus. Les autres verraient leur cotisation baisser dans la très grande majorité des cas, ou stagner.

Pour FO, le principe c’est avant tout de rendre le CDD plus coûteux pour l’employeur, cela pour lutter contre la précarité, près de 85% des contrats signés aujourd’hui sont de courte durée, et cela touche en premier lieu les femmes et les jeunes, poursuit Michel Beaugas. Toute une industrie s’est construite autour de ces contrats précaires. Les entreprises encouragent leurs salariés à s’inscrire au chômage pendant les intermissions. Cela représente entre 2 et 9 milliards d’euros par an à la charge de l’Assurance chômage si on prend en compte les contrats de plus d’un mois. C’est un vrai scandale que nous n’avons cessé de dénoncer pendant cette négociation.

L’État va désormais reprendre la main. Alors qu’Emmanuel Macron s’est permis de critiquer vertement les interlocuteurs sociaux pour l’absence d’accord, le secrétaire général de FO Yves Veyrier lui a rappelé qu’il ne s’était pas agi d’une vraie négociation sociale sur l’Assurance chômage, faute de liberté de négociation.

Fin du paritarisme interprofessionnel

Le Premier ministre et la ministre du Travail doivent annoncer le 26 février le calendrier et la méthode retenus pour la suite de la réforme de l’Assurance chômage. Une concertation devrait être lancée. L’enjeu sera pour FO de faire suffisamment pression pour que les droits des demandeurs d’emploi soient préservés, et que le bonus-malus soit mis en place.

La crainte, c’est que le gouvernement nous impose ses exigences, avec plus d’un milliard d’euros d’économies par an sur les demandeurs d’emploi, notamment sur le cumul emploi et allocation, le complément d’activité, probablement sur le calcul du salaire journalier de référence, prévient Michel Beaugas. Sa volonté, c’est d’obliger les chômeurs à reprendre n’importe quel boulot pour vivre, c’est le système allemand ou britannique du mini-job. Or c’est une vision erronée, 80% des chômeurs en CDD ou à temps partiel veulent bosser plus, selon les études de l’Unédic. C’est bien l’offre qui n’est pas là.

Cette reprise en main par l’État annonce aussi la fin du paritarisme interprofessionnel. C’est désormais du paritarisme d’État, ce n’est pas forcément la fin du paritarisme de gestion, mais désormais l’État sera toujours quelque part, c’est du tripartisme, déplore-t-il.

 

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