Au pays du foie gras, la révolte des bas salaires chez Labeyrie

InFO militante par Chloé Bouvier, L’Info Militante

© FGTA-FO

Après une vingtaine de jours de grève, les salariés de plusieurs sites du groupe Labeyrie ont repris le travail après avoir gagné une hausse salariale de 2,25 %. Retour sur un mouvement illustrant la solidarité entre salariés.

Ce n’est pas normal de travailler en CDI à temps plein sans parvenir à vivre dignement de notre travail !, s’indigne Sylvie Darrieumerlou, déléguée syndicale FO à l’abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques. La révolte des bas salaires s’est propagée comme une traînée de poudre au sein du groupe Labeyrie, spécialiste du foie gras. Le mouvement a débuté le 15 octobre, à l’initiative des ouvriers, principalement des femmes. Par l’augmentation automatique du Smic en octobre, seuls ont été revalorisés les salaires les plus bas de la grille. C’est ce qui a déclenché la grève. Nous demandons la répercussion de cette augmentation du Smic sur l’ensemble de la grille.

Malgré de bons résultats économiques, pas de redistribution

Parmi les autres revendications : le maintien des salaires durant la période d’activité partielle liée à la grippe aviaire, un deuxième versement de la prime Macron et le versement des 1 000 euros au titre de la prime Covid. L’enjeu est là et il est salarial. Le mouvement a pris dans l’usine d’abattage de canards de Came (Pyrénées-Atlantiques), dans les ateliers de Saint-Geours-de-Maremne (Landes), également siège de Labeyrie Fine Food, et sur le site de Jonzac (Charente-Maritime).

Cette colère vient de loin et s’inscrit dans le contexte de crise pandémique au cours de laquelle les salariés ont connu une surcharge d’activité. Et malgré les bons résultats économiques de l’entreprise, il n’y a pas eu de redistribution, pointe la FGTA-FO. Pour rappel, le groupe affichait un chiffre d’affaires de 1,03 milliard d’euros pour l’année 2019-2020, en croissance de 1,6 %.

Après une vingtaine de jours de mobilisation, le site des Landes a signé un accord le 10 novembre, moins d’une semaine après que les autres sites ont signé des textes similaires. Les salariés ont obtenu une augmentation des salaires de 2,25 % ainsi qu’une prime de production, qui existait déjà pour les ouvriers de Saint-Geours-de-Maremne. Mais, explique Sylvie Darrieumerlou, on n’est pas satisfaits à 100 %. Toutefois, note la militante, il y aura un avant et un après cette grève qui a montré la solidarité entre les salariés.

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