Au terrorisme, le mouvement syndical européen oppose la paix

Société par Evelyne Salamero, journaliste L’inFO militante

De gauche à droite : Jaap Wiener (CSI), Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), Luca Visentini (CES), Jean-Claude Mailly (Force Ouvrière), Luc Berille (UNSA) et Joseph Thouvenel (CFTC). Photograhie : F. Blanc / FO Hebdo

Un an jour pour jour après l’attentat contre Charlie Hebdo, la CES (Confédération européenne des syndicats) et la CSI (Confédération syndicale internationale) ont choisi la capitale française pour rendre hommage à toutes les victimes du terrorisme, partout dans le monde.

Dans la grande salle de la bourse du travail, ce jeudi 7 janvier 2016, les secrétaires généraux des cinq affiliées françaises de la CES entouraient à la tribune le secrétaire général de la CES (Confédération européenne des syndicats), Lucas Visentini, et le représentant de la CSI (Confédération syndicale internationale), Jaap Wienen. Les responsables de l’UGTT pour la Tunisie et ceux des organisations turques Disk et Kesk (fonctionnaires) qui doivent à la fois faire face à la violence des terroristes et à celle de leur gouvernement ont également pris la parole et livré des témoignages poignants. Des délégations des organisations syndicales d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni, de Suède, de Belgique, du Danemark, du Portugal ainsi que de la Fédération européenne des services publics et de la Fédération internationale des journalistes étaient présentes dans la salle.

« Nous sommes ici pour soutenir la paix, premier outil pour lutter contre le terrorisme et préserver notre sécurité », a déclaré le secrétaire général de la CES, avant d’ajouter : « Parfois il faut la guerre, mais elle ne devrait jamais nous amener à restreindre les libertés ». Lucas Visentini a ensuite souligné l’absence de lien entre le terrorisme et l’afflux des réfugiés. « Ce ne sont pas des terroristes. Ils en sont les premières victimes. Notre rôle en tant que syndicats est de les aider, d’agir en faveur des migrants, pour qu’ils bénéficient ‘un traitement équitable sur le marché du travail ».

« Pain, paix et liberté »

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Le secrétaire général de la confédération FO, Jean-Claude Mailly, après s’être félicité de cette initiative prise dans le cadre de la CES et salué les délégations des autres pays, a rappelé la devise des origines du mouvement syndical international, au moment de la fondation de la CISL (Confédération internationale des syndicats libres) : « Pain, paix et Liberté ». Il a ensuite souligné les dangers de l’état d’urgence. « Nous sommes sur le fil du rasoir entre les mesures sécuritaires et la préservation des libertés démocratiques », a-t-il déclaré avant de réaffirmer que cela « n’empêchera pas FO de manifester si le gouvernement prenait des décisions contraires aux intérêts des salariés ». Au « pacte sécuritaire » défendu par le président François Hollande, le secrétaire général de FO a opposé le « pacte républicain », avec ses trois piliers : « Liberté, égalité, fraternité », auquel il a ajouté un quatrième : la laïcité. « Il n’existe aucune justification au terrorisme, mais il peut y avoir des explications, a-t-il estimé, comme un « contexte géopolitique et des explications économiques et sociales. Il y a un lien entre exclusion, jihadisme et salafisme » a-t-il conclu.

Jaap Wienen de la CSI, après avoir rappelé que le terrorisme frappe partout dans le monde, jusqu’en Somalie, et rappelé aussi la violence de certains gouvernements de plus en plus dictatoriaux comme en Turquie, a insisté : « les syndicats continueront à s’exprimer à haute voix, à combattre l’injustice, les inégalités et l’exclusion qui sont un terreau pour le terrorisme ».

En fin d’après-midi, les syndicalistes se sont rendus place de la République, où ils ont solennellement déposé au pied de la statue une déclaration du comité de direction de la CES « en solidarité avec le peuple de France ».

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