Auchan : 517 suppressions « nettes » d’emplois dans les fonctions centrales

Emploi et Salaires par Elie Hiesse, journaliste L’inFO militante

© Pierre GLEIZES/REA

La direction d’Auchan Retail France a annoncé, le 14 janvier, le premier plan de départs volontaires (PDV) de l’histoire du groupe de grande distribution nordiste. 677 postes sont supprimés dans les fonctions centrales (dont 25 postes actuellement non pourvus), et 135 embauches prévues dans la gestion de données et le digital.

Finalement, le chiffre est moins important que celui qui avait fuité dans la presse, fin décembre. Il n’en constitue pas moins un coup de massue pour les salariés d’Auchan Retail France, qui regroupe les hypermarchés du groupe de grande distribution nordiste. Le 14 janvier, la direction a annoncé, aux Comités sociaux et économiques (CSE) de trois entités centrales la suppression de 677 postes. Sont visés les fonctions « siège » et « produits » d’Auchan Retail International et d’Auchan Retail France, ainsi que des postes de l’organisation commerciale française.

C’est déjà beaucoup trop ! Les salariés n’ont pas à payer les mauvais choix stratégiques du management. Il a tardé à assimiler que le modèle historique de l’hypermarché n’était plus adapté, martèle Carole Desiano, secrétaire fédérale FO en charge de la grande distribution.

Les suppressions de postes doivent se faire dans le cadre d’un plan de départs volontaires (PDV), qui sera le premier de l’histoire du deuxième groupe de distribution français. Au printemps 2019, il a engagé son plan de « redressement », avec la mise en vente de 21 sites (700 à 800 salariés concernés). C’était aussi une « première ». Par ces actions, Auchan Retail France vise un retour à l’équilibre financier (…) en 2022.

La direction minore les suppressions de postes

Reste que la direction préfère parler de la suppression nette de 517 emplois actuellement occupés, plutôt que de 677 suppressions de postes. Son calcul ? Elle soustrait 25 postes actuellement vacants, en raison du turnover ou de non-remplacements. Et elle ajoute les 135 nouveaux postes qui vont être créés dans les nouveaux métiers – tels que le digital, la gestion de données, la conception de produits à marque propre.

Nous serons extrêmement vigilants, dans le cadre des négociations, sur la préservation de l’employabilité des salariés et sur la création de passerelles entre postes supprimés et postes créés, précise la secrétaire fédérale Carole Desiano. Elle réclame une solution négociée collectivement pour chaque salarié(e) touché par la restructuration.

CSE extraordinaire le 28 janvier

Le projet de PDV nécessite d’être détaillé, et négocié. Pour l’instant, les conséquences pour l’emploi ont été présentées, uniquement dans les grandes lignes, pour chaque direction centrale. Pour chacune, on connaît le nombre global de postes supprimés ou créés, mais pas les catégories professionnelles qui sont effectivement concernées par les suppressions de postes, souligne Frédéric Montay, délégué syndical central FO pour les fonctions centrales d’Auchan Retail France. Logiquement indique-t-il, cette situation génère beaucoup d’inquiétude dans les équipes du fait des incertitudes liés à l’avenir des salariés.

Les précisions sur les catégories professionnelles visées, direction par direction, doivent être apportées lors d’un Comité social et économique (CSE) extraordinaire, d’ores et déjà prévu le 28 janvier. Pour l’instant, l’ordre du jour n’a pas été communiqué.

Vigilance sur l’avenir

Le groupe de distribution nordiste, propriété de la famille Mulliez, promet de mettre en place un accompagnement exemplaire des salariés qui choisiront de partir lors de ce PDV. Au cours des CSE du 14 janvier, il a affirmé que celui-ci ne serait pas suivi d’un plan de licenciements contraints (plan de sauvegarde de l’emploi, ou PSE), si le nombre de départs volontaires n’est pas atteint.

Pour autant, la vigilance est de mise pour Carole Desiano, qui rappelle que les restructurations d’entreprise se font souvent par étapes. Il y a des précédents dans le secteur. Le cheminement du groupe Carrefour est dans toutes les mémoires, rappelle secrétaire fédérale. Il a commencé, en 2013, par lancer un Plan de départs volontaires dans ses sièges et les fonctions centrales. Il a poursuivi en 2018 par un Plan de sauvegarde de l’emploi dans les magasins, puis en 2019 par une Rupture conventionnelle collective. Au total, plus de 4 000 emplois ont été supprimés.
Chez Auchan Retail France, les craintes actuelles portent sur une éventuelle prochaine ré-organisation de la chaîne logistique.

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