Automobile : le groupe Maike mis en pièces

Emploi et salaires par Clarisse Josselin

Le tribunal de commerce de Grenoble a validé, le 20 février 2018, la reprise de trois des quatre sociétés du groupe Maike Automotive, sous-traitant automobile. L’activité va se poursuivre en Haute-Savoie mais une centaine d’emplois sur 720 vont être supprimés.

Le groupe Maike Automobile, qui était l’un des leaders du décolletage (fabrication de pièces métalliques de précision) dans la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, a été démantelé par le tribunal de commerce de Grenoble le 20 février. Ce fournisseur de pièces pour PSA, Bosch ou Volkswagen, a été victime d’une croissance trop rapide. En difficulté financière, Maike, qui avait cumulé 100 millions d’euros de dettes, avait été placé en procédure de sauvegarde en août 2017. Les entités du groupe avaient ensuite été placées en redressement judiciaire.

Aucun repreneur ne s’est présenté pour une reprise globale. Sur décision de la justice, Frank & Pignard et Précialp sont repris par un consortium formé par des industriels spécialistes du décolletage (Alpen’Tech – où FO est majoritaire, Kartesis ainsi que MGI Coutier). Une quarantaine de postes sur 580 vont disparaître. EMT, où FO est l’unique syndicat implanté, est repris par la société régionale Léman Industries. Là, 55 postes sont supprimés sur 127. Les 316 salariés de la société Peugeot Japy, située à Valentignay dans le Doubs, et où FO est également présente, seront fixés sur leur sort en mars 2018.

Du boulot par-dessus la tête

Arnaud Godel, délégué FO chez EMT, entreprise qui subit la plus gosse casse sociale, est amer. On est choqués que ça se termine comme ça, il y a deux ans, Maike était dans le top 10 des entreprises du département, réagit-il. En un an, trois sociétés et beaucoup de sous-traitants de la vallée de l’Arve se sont retrouvés en péril, c’est un immense gâchis. Il reproche aussi à la direction d’avoir assuré que l’emploi n’était pas menacé.

Selon lui, le groupe a grossi trop vite. Il rappelle que Maike Automotive avait racheté Précialp en 2008, EMT en 2010, Japy en 2011... La direction était obnubilée par la croissance du chiffre d’affaires mais sans réelle stratégie, et elle a négligé la production, déplore-t-il. C’est un fiasco industriel, alors qu’on a du boulot par-dessus la tête. Ils ont pris plein de marchés. Dans l’entreprise, on a 80 intérimaires pour 127 embauchés.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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