Automobile : ne pas mettre l’électricité avant les bœufs

Fédération FO Métaux par Métaux

Communiqué de FO Métaux

FO Métaux prend acte du vote des députés européens, hier, qui entérine la proposition de la Commission d’un arrêt des ventes de voitures neuves essence et diesel à partir de 2035. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il faudra en effet réduire de 100 % à partir de 2035 les émissions de CO2 des voitures neuves. Ce qui revient de facto à ne plus autoriser que la vente de voitures électriques ou à hydrogène. Si notre organisation s’inscrit pleinement dans le processus de transition environnementale, elle s’inquiète cependant fortement d’une décision qui place en opposition industrie et environnement et en redoute les conséquences économiques et sociales.

Si des avancées fortes pour contenir le réchauffement climatique doivent être opérées, cela ne doit pas être dans la précipitation, au risque non seulement de ne pas atteindre les objectifs fixés, mais aussi d’infliger à l’industrie et à ses salariés des dommages majeurs. Il est impératif que la transition soit réalisée à un rythme permettant de relever le défi exceptionnel qu’est la transformation de la production et l’adaptation des salariés à la création de nouveaux métiers et à l’évolution de l’existant. L’Europe doit impérativement se saisir de cette dimension du dossier et mettre en place des contreparties à un effort qui sera principalement supporté par les salariés. Le fonds de transition qui leur est destiné pour financer le nécessaire accompagnement social sur la prochaine décennie y suffira-t-il ? L’État français doit lui aussi prendre des engagements envers cette filière industrielle qui est aussi un de ses fleurons technologiques et économiques.

Dans ce contexte, il faut aller plus loin pour que les véhicules électriques qui seront demain achetés par nos concitoyens soient produits en France. Certes, des premiers pas ont été réalisés (Renault Electricity, ACC pour la production de batteries, Stellantis qui affecte des productions de véhicules électriques en France) mais pour l’heure le compte n’y est pas.

La souveraineté industrielle de la France passe aussi par le maintien des compétences au sein d’une industrie automobile forte. L’avenir de l’automobile et de ses salariés dans notre pays demande des mesures immédiates et de long terme. FO Métaux fera sa part. A l’État de faire la sienne !

Métaux Secrétaire général

Sur le même sujet

Loi d’orientation des mobilités : des menaces pour l’emploi industriel

Communiqué de FO par Béatrice Clicq, Nathalie Homand

Alors que la désindustrialisation de la France se poursuit, synonyme de pertes massives d’emplois, l’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi d’orientation des mobilités qui inscrit notamment l’interdiction de « la vente des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs utilisant des énergies fossiles d’ici 2040 ».

Soutien à l’automobile : peut mieux faire !

Fédération FO Métaux par Métaux

Le 26 mai 2020, le président de la République présentait son plan de soutien à la filière automobile avec en échange un engagement de la filière à relocaliser en France les productions à valeur ajoutée. Un an après, le deuxième axe du plan, « relocaliser la production en France » est encore loin d’avoir atteint ses objectifs.