Emploi et Salaires

Autoroutes : grève dans trois sociétés du réseau Vinci

, Valérie Forgeront

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Photographie de Raimond Spekking (CC BY-SA 4.0)

Six syndicats, dont FO, des sociétés d’autoroutes ASF, Escota et Cofiroute appartenant au groupe Vinci appellent à un mouvement de grève du vendredi 23 février à 4h au dimanche 25 février à 6h. Les salariés de ces sociétés font part d’un ras le bol social général. Ils contestent notamment les récentes propositions des directions en matière salariale.

Les propositions salariales annoncées par les directions des sociétés d’autoroutes ASF (3 700 salariés), Escota (un millier de salariés) et Cofiroute (de 700 à 800 salariés) du groupe Vinci ne sont pas à la hauteur des attentes indique Patrick Héritier, le secrétaire général du syndicat FO d’ASF (en novembre, FO a renforcé sa première place chez ASF avec 25,90% des voix au comité d’établissement et 25,91% des voix pour les délégués du personnel).

Six syndicats, dont FO, implantés dans ces sociétés ont ainsi décidé d’appeler les salariés (dédiés à la sécurité, aux espaces verts, à la viabilité hivernale, aux péages…) à une grève du vendredi 23 février à 4h au dimanche 25 février à 6h. Le mécontentement est général soulignent les syndicats.

À l’issue des négociations salariales qui se sont tenues en ce début d’année, les directions de ces trois sociétés faisaient toujours la même proposition salariale à la mi-février. Or le niveau de la revalorisation annoncée a été jugé insuffisant par les syndicats. Les directions proposent en effet une enveloppe globale d’augmentations de 1,50% composée d’une part d’augmentations générales variant de 0,60% à 1,20% selon les catégories de salariés (hormis les cadres) et d’augmentations individuelles variant de 0,30% à 0,90%. Les cadres ne percevraient eux que des augmentations individuelles.

Rejetant le niveau de la revalorisation et son mécanisme, les syndicats d’ASF, d’Escota et de Cofiroute ont réitéré leur revendication initiale soit l’attribution d’une augmentation générale de 1,20% ainsi qu’une augmentation forfaitaire de 50 euros bruts mensuels. Les syndicats demandent en effet une augmentation de 1,20% pour l’ensemble des salariés et non pas seulement pour les personnels d’exécution et maîtrise ainsi que le concevaient les directions. L’augmentation forfaitaire de 50 euros permettrait quant à elle de réduire les écarts salariaux au sein des sociétés indique Patrick Héritier.

Des résultats abondants

Au-delà de l’épineuse négociation salariale pour 2018, les personnels d’ASF, d’Escota et de Cofiroute s’inquiètent d’une dégradation des conditions sociales dans ces sociétés. Chez ASF par exemple, les effectifs ont reculé de 4% sur un an indique Patrick Héritier. Le militant note par ailleurs la suppression pour les salariés de la gratuité totale des péages, la suppression du forfait téléphonique ou encore la diminution de la prime d’éloignement.

Les sociétés du réseau Vinci Autoroutes se portent-elles mal ? Pas vraiment.

En 2017, le résultat net de l’ensemble du groupe Vinci a progressé de 15,2%. Au sein du groupe, le réseau Vinci Autoroutes a vu son chiffre d’affaires progresser de 3,2% à 5,3 milliards d’euros. Le résultat net du réseau s’élève à 1,3 milliard d’euros. Le chiffre d’affaires de la seule société ASF a augmenté quant à lui de 3,6%.

Selon les propres appréciations de Vinci, 2017 marque un retour à la croissance du chiffre d’affaires et une forte progression des résultats du groupe. 2018 devrait encore être une belle année estime Vinci. Les salariés des trois grandes sociétés de Vinci Autoroutes demandent eux légitimement à récolter les fruits de leur travail… Un travail qui a permis d’obtenir ces résultats florissants.

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Sur l’auteur

Valérie Forgeront

Journaliste à FO Hebdo

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