Avec l’OIT, un forum mondial pour une reprise centrée sur l’humain

InFO militante par  Maud Carlus, L’Info Militante

L’objectif de cet événement, réunissant gouvernements, patronat et syndicats, et auquel FO prend part, est de proposer des actions visant à prendre en compte, enfin et partout, les droits des travailleurs.

A près deux années de pandémie, la volonté s’affiche, à l’échelon mondial, de mettre en place des règles plus justes dans « le monde d’après ». Dans ce contexte, l’Organisation internationale du travail, qui organise un forum mondial (22-24 février), publie un appel invitant tous les pays à « mettre l’humain au centre » dans le cadre d’une « reprise économique et sociale inclusive, durable et résiliente ». Car, pour l’instant, les conséquences de la crise sanitaire sont lourdes et multiples. Elle a aggravé l’appauvrissement. Illustration par les statistiques portant sur la faim dans le monde : plus de 161 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë en 2022, soit 26 millions de plus qu’avant la pandémie. L’OIT estime que 144 millions d’emplois ont été perdus en 2020 dans le monde, et les revenus du travail ont diminué de 8,3 % par rapport à 2019. Tous les pays n’ont pas été touchés de la même façon, mais la hausse du chômage, du sous-emploi et de l’inactivité a été constatée partout.

4 milliards de personnes sans aucune protection sociale

Si elle a permis de souligner l’importance, entre autres, des travailleurs dits de la deuxième ligne, la pandémie a renforcé les inégalités. La crise a en effet exacerbé l’appauvrissement de travailleurs déjà fragiles. Les plus touchés ont été les femmes et les jeunes (15-24 ans). Sans parler, plus globalement, des travailleurs n’ayant pas accès à la protection sociale. À ce jour, plus de 4 milliards de personnes dans le monde en restent totalement dépourvues, selon l’OIT.

Nul hasard donc à ce que le Forum mondial de l’OIT aborde les sujets suivants : la croissance économique partagée et l’emploi, la protection de tous les travailleurs, la protection sociale universelle et le dialogue social. Car, depuis bien avant la crise, les syndicats n’ont cessé de marteler la nécessité de se préoccuper de ces sujets. Pour Marjorie Alexandre, secrétaire confédérale au secteur international de FO, la tenue de ce forum envoie un signal positif. C’est important que l’OIT l’organise afin que les questions sociales soient prises en compte au moment des discussions de la relance économique mondiale. Et c’est l’occasion pour FO, qui participera en visio, de réaffirmer son attachement à l’adoption de protocoles de progrès social, cela pour mettre un terme, enfin, à la primauté des libertés économiques sur les droits sociaux.

Pour la militante, le plus gros obstacle à la réalisation des objectifs du forum demeure aujourd’hui le problème de l’application, ou pas, dans le monde, de la convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale (ratifiée par 157 pays) et de la convention 98 sur la négociation collective (ratifiée par 168 pays). En effet, sans elles, impossible pour les salariés des pays de négocier quoi que ce soit.

En 2011, soit neuf ans avant la pandémie, l’OIT invitait déjà à donner un visage social à la mondialisation, et appelait à faire émerger une économie juste, soucieuse d’une véritable redistribution des richesses produites. Alors que tous les pays ont été impactés économiquement et socialement par la crise, et en sont à imaginer ou à lancer déjà des plans de relance, pour l’OIT et les organisations syndicales, la période est donc particulièrement propice pour rappeler les droits des travailleurs.

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