Avis de tempête sur la Fonction publique

Revue de presse par Christophe Chiclet

Manifestation unitaire pour la défense de la fonction publique le 27 mars 2019. © Nicolas TAVERNIER/REA

Depuis un mois, le gouvernement prépare une nouvelle attaque frontale contre la fonction publique donc aussi contre les usagers des services publics, en l’occurrence l’ensemble des citoyens.

L’Express-L’Entreprise
Menée par Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, et Olivier Dussopt, son secrétaire d’État, la réforme de la fonction publique doit conduire à la réduction de 120 000 agents sur le quinquennat Macron. Restructurations, plans de départ volontaire, accroissement du recours aux contractuels, rémunération au mérite… Autant d’axes privilégiés pour rationaliser la fonction publique d’État (FPE), la fonction publique territoriale (FPT) et la fonction publique hospitalière (FPH). Le but de cette réforme est clair.

Le Figaro
Le texte doit permettre de déverrouiller les boulons à tous les niveaux de la fonction publique. Dans la terminologie du nouveau monde, il s’agit d’aller vers une fonction publique plus attractive et plus réactive, explique le gouvernement dans l’exposé des motifs du projet de loi. Dit autrement, le gouvernement veut ouvrir la porte de la fonction publique. À la fois pour y faire entrer de nouveaux profils et pour tenter d’en faire sortir ceux jugés moins utiles… Les syndicats n’auront plus systématiquement leur mot à dire à la moindre mutation d’un agent.

Le Monde
Le grand quotidien du soir titrait d’ailleurs : « Fonction publique : une réforme trop comptable ». Et de développer : Le projet de loi de transformation de la fonction publique ne répond pas à la question centrale : quelle place et quels moyens veut-on donner aux services publics ? Le projet de loi de transformation de la fonction publique présenté mercredi 27 mars, a des ambitions beaucoup plus modestes. Conformément à la feuille de route, définie il y a un an par Édouard Philippe, il ne met pas fin au sacro-saint statut, mais il l’assouplit fortement en inventant un nouveau contrat social, qui se traduit par un bon nombre de coups de canif. C’est une logique essentiellement comptable qui guide la réforme… Le volet sur le dialogue social est plus contestable. Le projet prévoit la mise en place d’un ̎comité social, une structure unique pour examiner les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité, sur le modèle de ce que les ordonnances sur le code du travail ont instauré dans le secteur privé. La moitié des 22 000 instances de dialogue vont disparaître. Cette réforme nourrit l’inquiétude des syndicats. Pendant un an, la concertation a été quantitativement intense, mais elle s’est résumée à un dialogue de sourds, confirmant que la fonction publique est très loin d’être exemplaire sur le dialogue social. D’où les réactions syndicales actuelles.

Ouest France
Depuis de nombreux mois le pouvoir exécutif poursuit une politique contraire aux intérêts de la population, néfaste pour les missions publiques et pour les agent-e-s déplorent les syndicats, en rappelant qu’ils revendiquent une hausse du point d’indice et la suppression du jour de carence et s’opposent aux 120 000 suppressions de postes programmés d’ici la fin du quinquennat. Rendez-vous le 9 mai prochain.

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« Retrait de la réforme », « sauvons l’hôpital public », « hausse générale des salaires », « maintien du statut », « non au régime universel de retraites par points, maintien du code des pensions »…. Autant de revendications et bien d’autres entendues ce 9 mai à l’occasion de la journée nationale de grève et de manifestations dans la Fonction publique. Une journée d’actions lancée à l’appel des neuf organisations représentatives dont FO-Fonction publique et avec le soutien de la Confédération FO et de son secrétaire général, Yves Veyrier, lequel a pris part au cortège parisien.