Sécurité sociale

Baisse des accidents du travail : des statistiques à relativiser

, Françoise Lambert

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Dans le secteur du BTP la fréquence des accidents est deux fois supérieure à la moyenne. © Stephane AUDRAS/REA

Le BTP reste l’un des secteurs les plus touchés par les accidents du travail. La progression des maladies professionnelles ne connaît pas de répit.

Après deux années de baisse consécutive des accidents du travail, l’année 2014 marque un palier. C’est ce qu’indique le bilan annuel sur les risques professionnels de la Caisse nationale d’Assurance maladie. Celle-ci a recensé l’année dernière 621 111 accidents ayant entraîné un arrêt de travail ou une incapacité permanente. Ce qui représente une fréquence de 34 accidents avec arrêt pour 1 000 salariés, contre 40 sur 1 000 dix ans auparavant. Ces bons résultats s’expliquent notamment par des facteurs conjoncturels. En période de crise, avec la baisse d’activité, on constate une diminution du nombre d’accidents du travail. Le caractère clément de l’hiver 2014 a en outre contribué à réduire fortement les accidents de trajet.

Globalement, en 2014, plus de 1,1 million de sinistres, accidents du travail et maladies professionnelles confondus, ont été reconnus et pris en charge par la Sécurité sociale, dont 750 000 assortis d’un arrêt de travail ou d’une incapacité permanente.

Si les accidents du travail sont en baisse, il n’en reste pas moins que 600 accidents du travail par heure ont lieu en France, dont 250 donnent lieu à un arrêt.

Accidents du travail en hausse dans le secteur de l’aide à la personne

Dans certains secteurs, comme le BTP, la sinistralité reste importante, avec une fréquence d’accidents presque deux fois supérieure à la moyenne (64 AT pour 1 000 salariés). Le secteur de l’aide à la personne (aide à domicile et hébergement médico-social) connaît aussi une augmentation de 6 % de la fréquence des accidents du travail. Dans l’ensemble des secteurs professionnels, les accidents sont essentiellement dus à la manutention et aux chutes de hauteur ou de plain-pied.

Les maladies professionnelles, en légère augmentation en 2014, poursuivent une ascension entamée il y a une dizaine d’années. Elles progressent en moyenne depuis de 3,4 % par an, principalement en raison de la prise en charge des troubles musculo-squelettiques (TMS). À eux seuls, les TMS représentent 87 % des maladies professionnelles. Ils sont concentrés dans six secteurs : l’industrie agroalimentaire, l’automobile, la métallurgie, le bâtiment-travaux publics (BTP), la grande distribution, l’aide et le soin aux personnes.

Les cancers liés à l’amiante représentent quant à eux 7 % des maladies professionnelles. S’ils sont en diminution de 3,7 %, ils constituent cependant la grande majorité des cancers professionnels (81 %). Les autres cancers professionnels sont en augmentation de 10,33 %, avec une forte hausse des cancers de la vessie, dus notamment aux pesticides, et des cancers liés aux poussières de bois.


Repères : La branche AT-MP à la loupe
Les AT-MP, ou accidents du travail-maladies professionnelles, sont une des cinq branches de la Sécurité sociale. Celle-ci couvre 18,6 millions de salariés pour leur santé et leur sécurité au travail et recueille les cotisations de 2,2 millions d’établissements des secteurs de l’industrie, du commerce et des services. Les principales missions de la branche AT-MP sont la prévention des risques, l’indemnisation des victimes et le calcul des cotisations dues par les entreprises.