Portrait

Banque Chaabi du Maroc : « FO, c’est le syndicat qui ne transige pas sur la défense des salariés »

, Clarisse Josselin

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le 19 avril, le tribunal administratif a annulé le licenciement d’Abdelkrim Bahri, délégué FO à la banque Chaabi du Maroc (BCDM), prononcé deux ans plus tôt. Dans l’attente de sa réintégration, il reste déterminé à faire respecter les droits des 250 salariés de l’enseigne marocaine en France.

Ce jugement, c’est une grande victoire, reconnaît Abdelkrim Bahri, 53 ans. Chef de département à la BCDM, filiale française du groupe marocain Banque Populaire, il avait été licencié en avril 2016. Le départ de ce salarié protégé avait été refusé par l’inspection du travail puis la Direccte, mais validé par la ministre du Travail Myriam El Khomri.

26 %

C’est le score réalisé par la liste FO présentée par Abdelkrim Bahri aux élections à la banque Chaabi du Maroc en 2014.

Officiellement, il lui était reproché des manquements dans la gestion du CE. Mais tout le monde dit que c’est une décision partisane, explique-t-il. Les DG viennent du Maroc, certains ne connaissent pas le Code du travail français. L’actuel DG trouve qu’il y a trop de lois ou de jours de RTT et il veut se débarrasser des gens qui dérangent comme moi.

Le militant avait été embauché au Maroc en 1990 puis muté en France en 1996. Il avait contacté la section FO Banques en 2012 pour l’aider à obtenir le différentiel des cotisations entre le travail au Maroc et en France. J’avais côtoyé un représentant FO à mon arrivée à la BCDM, il était comme moi, un militant qui n’avait pas froid aux yeux, explique-t-il.

Des élections en novembre

Aux élections de 2014, Abdelkrim monte une liste FO et remporte 26 % des voix. Avec la CFTC ils sont majoritaires. Le DG a mal pris les choses, poursuit-il. On a obtenu deux condamnations pour manquements au droit syndical, mais il paie et continue. Victime aussi de discrimination syndicale, être épaulé par FO Banques lui a donné la force d’avancer.

Depuis le jugement, l’employeur prétend chercher un poste équivalent à l’ancien. Il refuse également de lui verser deux ans d’arriérés de salaire. Abdelkrim est impatient de rattraper le temps perdu pour la défense des salariés et de préparer les prochaines élections de novembre 2018.