Communiqué de FO

Bonn COP23 : vers un COPier-coller de la COP22 ?

, Pascal Pavageau

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Délégation de Force Ouvrière à la COP 23 (de gauche à droite) : Justine Braesch, Cécile Potters, Pascal Pavageau (Secrétaire confédéral FO) et Marjorie Alexandre.

L’enjeu majeur de la 23e Conférence sur le climat de l’ONU est, après l’échec de Marrakech en 2016, de permettre enfin la mise en œuvre concrète des engagements de l’accord de Paris.

Lors de cette COP, Force Ouvrière demande, aux côtés de la Confédération Syndicale Internationale, une clarification sur la question du financement (par des investissements publics et non des partenariats publics-privés) et du soutien aux pays les plus vulnérables. Nous exigeons de la part des États des engagements financiers clairs et soumis à un calendrier contraignant ainsi qu’à une évaluation régulière selon des critères précis, en particulier sociaux. Les contributions actuelles de 100 milliards de dollars par an doivent être une base de financement à renouveler à partir de 2020.

Par ailleurs, Force Ouvrière défend une vision prospective claire, tant en termes d’impacts sur l’emploi que de développement industriel et énergétique. Pour FO, développer l’économie circulaire et créer les filières de démantèlement, déconstruction et revalorisation des biens et produits manufacturés constituent des priorités à tous les niveaux (en France, en Europe et au niveau international). Une réelle accentuation des moyens de la recherche publique est tout autant indispensable afin d’accélérer l’innovation et de jouer un effet de levier dans les secteurs privés porteurs d’emplois nouveaux. Cela impose notamment d’en terminer avec les mesures d’austérité qui, de plus, remettent clairement en cause les engagements pris lors de la COP21 à Paris.

Pour Force Ouvrière, la COP23 doit également faire en sorte que les traductions nationales des engagements de réductions d’émissions (INDC) et que les impacts de l’augmentation des températures se traduisent, État par État, par des mesures de transition, d’accompagnement et de compensations pour tous les travailleurs. La CSI revendique un groupe de travail sur cette question.

Enfin, FO dénonce la posture du gouvernement français ayant refusé de préparer cette Conférence avec les organisations syndicales françaises comme avec la CSI malgré les engagements pourtant pris par le ministre de l’écologie en juillet dernier. Le fait que le pavillon français présent à Bonn n’organise rien en collaboration avec les syndicats et que ceux-ci ne soient ni associés ni invités au Sommet sur le Climat du 12 décembre prochain à Paris montrent à nouveau le désengagement du gouvernement sur les impacts sociaux liés à l’environnement.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Pascal Pavageau

SECRETARIAT GENERAL


Marche générale de la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière
Organisation dont les Outre-mer
Représentation de la Confédération et expression publique
Relations internationales
Responsable du dialogue social, des relations avec le personnel de la Confédération et des Ressources Humaines
Union Confédérale des Retraités (UCR)


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Force Ouvrière n°26, daté du jeudi 20 juin 1946 Une plume plus qualifiée que la mienne devrait ici rendre hommage à notre camarade Maurice Harmel, mort au camp de Buchenwald. Cependant, je l’ai lu assez souvent pour me permettre de saisir l’occasion de saluer une nouvelle fois sa mémoire, cette (...)

Force Ouvrière n°26, daté du jeudi 20 juin 1946

Une plume plus qualifiée que la mienne devrait ici rendre hommage à notre camarade Maurice Harmel, mort au camp de Buchenwald. Cependant, je l’ai lu assez souvent pour me permettre de saisir l’occasion de saluer une nouvelle fois sa mémoire, cette mémoire restée si vivante dans l’esprit des journalistes du travail et dans celui aussi des militants syndicalistes. Eugène Morel, qui fut son compagnon inséparable, ne manque jamais de rappeler des souvenirs communs, puisant dans une foule d’anecdotes tantôt drôles, tantôt tragiques.

Maurice Harmel fut le premier secrétaire général du Syndicat national confédéré des journalistes, mais comme professionnel tout le monde doit se rappeler la longue et brillante carrière de cet homme qui voua sa vie à l’étude des problèmes du monde moderne. Harmel se passionnait à la défense de la justice sociale, il y consacra le meilleur de lui-même et sa vie. Il faut remonter la longue série d’articles qu’il donna au Peuple pour y découvrir la trame d’une clairvoyance que le événements ne devaient que trop confirmer. C’est sans doute à son désintéressement total que l’homme dut de ne pas errer.

Sous l’Occupation, notre camarade comprit toute la valeur des publications clandestines. Il fut un des principaux rédacteurs de Libération-Nord. Mais, à Force Ouvrière, un titre particulier demeure attaché à son nom. Notre journal est la continuation de Résistance Ouvrière et Maurice Harmel consacra la plus grande partie de son temps à la rédaction et au travail de parution de cet organe clandestin, auquel Saillant et Bothereau collaboraient régulièrement. C’est cette équipe de trois hommes qui fonda, dans les pires moments, Résistance Ouvrière, auquel succède Force Ouvrière, et le nom d’Harmel ne sera oublié de personne d’entre nous.

Nous y revenons aujourd’hui parce que le gouvernement provisoire vient de citer Louis-Antoine Thomas, dit Maurice Harmel, à l’ordre du jour de la Nation.

Maurice Harmel, déporté le 15 août 1944 et mort au début de 1945 dans un kommando de Buchenwald, garda jusqu’au bout un optimisme fondamental en dépit des critiques qu’il adressait aux responsables.

Sa fille, tout inspirée de lui, avec qui je bavardais tout à l’heure, me disait cependant que Maurice Harmel plaçait un autre espoir dans la terrible leçon. Lui aussi serait bien étonné du tour que prennent les choses.

Après avoir prévu et dénoncé tant et tant d’erreurs, il voulait croire à l’efficacité des épreuves. Le gouvernement vient de reconnaître officiellement les mérites d’une vie et d’une mort. Officiellement aussi, ces vies et ces morts doivent conserver une valeur de méditation dont le présent semble avoir bien besoin.
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