Boum, splash, pschitt

L’Éditorial de Jean-Claude Mailly par Jean-Claude Mailly

Il ne s’agit pas ici d’une reprise de la chanson de Serge Gainsbourg Comic Strip, mais d’une formule utilisée par la chef de file FO Marie-Alice Medeuf-Andrieu dans la négociation sur la modernisation du dialogue social. On nous annonçait un grand accord, un grand boum pour la modernisation des relations sociales.

Il y a dix jours, après deux jours et une nuit au siège du Medef, on a eu un splash.

Et, in fine, la négociation a fait pschitt.

Dès le début Force Ouvrière, tout en présentant ses revendications et propositions, a expliqué que le texte patronal n’était pas acceptable, notamment parce qu’il remettait en cause les CHSCT et le rôle de négociateur du syndicat.

Nombre de commentateurs libéraux affirmaient d’ailleurs que ce projet « novateur » correspondait en grande partie aux positions patronales.

Outre le fond du dossier, la méthode fut inacceptable. Autant nous savons que dans toute négociation il y a des bilatérales préalables, des bilatérales pendant la négociation, des réunions de « chefs de file » et des réunions plénières, autant il est inacceptable que la négociation se transforme en colloque privé et singulier entre une organisation patronale et une organisation syndicale, le tout « surveillé » de très près par le gouvernement.

C’est pour ces raisons que nous nous sommes adressés aux trois organisations patronales et aux quatre autres confédérations syndicales pour réclamer une réunion permettant de cadrer les procédures.

Pour nous, cela passe notamment par :

 un lieu neutre pour les négociations ;
 le respect de tous les interlocuteurs et le maintien du travail collectif ;
 l’examen de tous les projets d’accord déposés en plénière.

Les réponses sont dans l’ensemble positives. Il faudra donc que cela ait lieu.

Certaines organisations syndicales (deux dit-on) étaient proches de l’accord.

In fine, tant sur la méthode que sur le fond (il est difficile de rapprocher les deux rives d’un canyon), ils ont fait capoter la négociation. Les travailleurs et Force Ouvrière ne s’en plaindront pas.

Il appartient maintenant au gouvernement, comme il le dit lui-même, de se positionner. Nous lui conseillons la plus extrême prudence et rappelons ce vieux dicton : « chat échaudé craint l’eau froide ». 

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