Mobilisation - FO Hebdo

Bourse du travail : les syndicats de l’Essonne ne lâchent rien

, David Rousset, Yves Veyrier

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La mobilisation des organisations syndicales de l’Essonne contre le projet d’expulsion de l’immeuble de la Bourse du travail, décidé par le président (LR) du conseil départemental François Durovray, a connu un nouvel épisode samedi 18 mars avec la tenue d’une journée de mobilisation tous azimuts.

Photographie : F. Blanc (CC-BY-NC 2.0)

Animations musicales et prises de parole de responsables syndicaux, dont Pascal Pavageau pour FO, ont occupé tout l’après-midi et illustré le refus des syndicats de quitter les lieux le 30 juin pour un local en open space dans un quartier moins fréquenté, plus petit de 200 m2, dépourvu de salle de réunion et dans lequel il est impossible d’imprimer tracts et affiches. 

Interview de Pascal Pavageau

FO HEBDO : Pascal Pavageau pourquoi représentez-vous le bureau confédéral aujourd’hui ?

Pascal Pavageau : pour soutenir bien entendu la demande des organisations syndicales de l’Essonne de rester dans la Bourse du Travail actuelle. Rien n’oblige à leur départ et la ville d’Evry les soutient. Mais plus largement pour condamner cette espèce dépidémie qui semble se répandre pour la généralisation des expulsions de Bourses du Travail ou de locaux de syndicats comme à Châteauroux, Evreux, Nîmes, Evry, … A chaque fois soit aucune solution de relogement n’est proposée soit le relogement est inadapté. Mais il y a aussi la face cachée, moins médiatisée, confrontées à l’imposition de loyers et de charges qu’elles ne peuvent assumer, ce qui revient dans bien des cas à les obliger à fermer.

FO HEBDO  : Que peuvent faire les confédérations face à cette situation ?

Pascal Pavageau : Premièrement il faut rappeler le rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), de Philippe Dole qui date mai 2013, mais n’a jamais été rendu public. Ses recommandations n’ont pas non plus été prises en compte par le gouvernement malgré nos demandes intersyndicales. FO revendique l’introduction d’une disposition législative permettant de conforter juridiquement l’hébergement des organisations syndicales par chaque collectivité concernée ainsi que la gratuité de l’accès et de l’occupation des locaux.

FO HEBDO : N’est-ce pas en contradiction avec l’indépendance des syndicats ?

Pascal Pavageau : Les principales confédérations syndicales sont de loin les organisations comptant le plus grand nombre d’adhérents et d’implantations sur le territoire par comparaisons aux associations et partis politiques. Nos rôles et notre place respective dans la société n’est pas la même, mais elles sont un élément essentiel de la démocratie, et de la démocratie sociale en particulier. Il faut aussi avoir en tête qu’aujourd’hui certaines administrations renvoient sur les Unions Départementales et les unions locales des syndicats la responsabilité de renseigner, voire d’instruire, des demandes de salariés et usagers. C’est vrai par exemple des Direccte et de l’inspection du travail.

Supprimer des implantations locales d’organisations syndicales participe ainsi du mouvement d’abandon républicain alors que les citoyens subissent déjà la désertification des services publics de proximité. Savez-vous par ailleurs que l’on est en train de passer petit à petit d’un élu de la République pour 100 habitants à 1 élu pour 3000 du fait de la réforme territoriale en cours ?

Bien qu’en zone urbaine, l’Essonne n’est pas épargnée. Depuis 10 ans : 30% d’activité en moins de l’Inspection du travail, une dizaine de communes en moins, 17% d’administrations publiques de l’État en moins, 50% des bureaux de poste fermés et, en juin 2017, si rien n’est fait pour arrêter cette expulsion illégitime et injustifiée, plus d’implantations syndicales interprofessionnelles !

Voir en ligne : Les photos de la journée de mobilisation