Communiqué de FO

Branche Accidents du travail et maladies professionnelles : la saignée de l’Etat

, Serge Legagnoa

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Consultée ce 3 octobre dans le cadre de la commission des accidents du travail et des maladies professionnelles, Force Ouvrière dénonce un PLFSS pour 2019 qui s’inscrit dans la droite ligne des politiques de restrictions budgétaires actuelles, ne proposant aucune mesure favorisant la prévention des risques professionnels en entreprise et le renforcement de l’indemnisation des travailleurs, malgré un excédent prévisionnel de 1,2 milliard pour l’année 2019.

Pour FO, l’excédent de la branche ne doit pas être une variable d’ajustement financière servant soit à déresponsabiliser les employeurs en baissant les taux de cotisation, soit à combler les déficits de l’État en soutenant des politiques d’exonérations n’ayant jamais démontré leur efficacité et mettant en péril les droits collectifs des travailleurs.

FO s’oppose à l’instauration d’une solidarité de la Sécurité Sociale, et donc des travailleurs, envers l’État. L’excédent de la branche doit être affecté la mise en place d’une véritable politique de prévention primaire au sein des entreprises, permettant d’améliorer de manière effective les conditions de travail des salariés qui se dégradent chaque année un peu plus.

De plus, la branche Risques professionnels est encore une fois fortement mise à contribution, et cela au détriment des travailleurs. En effet, le transfert d’un milliard d’euros opéré vers la branche maladie est un aveu d’abandon de la part des pouvoirs publics et démontre le manque de volonté politique dans la lutte contre la sous-déclaration et la sous-reconnaissance des accidents du travail et des maladies professionnelles. Cette mesure déresponsabilise les employeurs et n’est aucunement incitative à la mise en œuvre d’une politique de prévention.

A nouveau, ce PLFSS ne fait pas correspondre les moyens avec les objectifs politiques affichés. A l’aune de la future négociation sur la santé au travail, le signal n’est pas le bon. Si le travail c’est la santé, il est évident que le gouvernement ne fait rien pour la conserver.

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Serge Legagnoa

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Éphéméride

20 octobre 1876

Le congrès de la salle de la rue d’Arras
Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne. Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, (...)

Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne.

Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, le gouvernement dissout la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris. Un an plus tard, une restauration monarchiste échoue de très peu. Mais aux élections législatives de février-mars 1876, royalistes et bonapartistes n’obtiennent que 155 sièges contre 360 aux républicains. Or, ces derniers ne sont pas hostiles au mouvement ouvrier. Les travailleurs de Besançon en profitent et créent le premier syndicat de l’horlogerie en 1876, en liaison avec le puissant mouvement suisse.

C’est dans ce contexte qu’a lieu le congrès de la salle d’Arras, à Paris, le 20 octobre 1876. Les chambres syndicales parisiennes réussissent à organiser un congrès réunissant 360 délégués dont 255 de Paris. D’entrée le Comité d’initiative se démarque du politique. Il déclare, avec des accents qu’on qualifierait aujourd’hui d’ouvriéristes : « Tous les systèmes, toutes les utopies que l’on a reprochés aux travailleurs ne sont jamais venus d’eux. Tous émanaient de bourgeois, bien intentionnés sans doute, mais qui allaient chercher les remèdes à nos maux dans des idées et des élucubrations, au lieu de prendre conscience de nos besoins et de la réalité ».

Le congrès réclame la liberté de réunion et d’association, le droit au travail, un salaire décent et les assurances chômage, vieillesse et maladie. Il affirme sa volonté d’indépendance vis-à-vis de l’État, des partis et de l’idéologie socialiste pour se pencher sur l’étude pratique des revendications citées en introduction par le Comité d’initiative. Il est remarquable que, durant la réunion, seuls les ouvriers eurent le droit de s’exprimer. Ce congrès, où se côtoient des mutualistes, des coopérateurs et des syndicalistes, est, à sa manière, un pas vers la construction du syndicalisme autonome.

Les communards socialistes en exil, par la plume d’Édouard Vaillant, critiquent violemment cette autonomie d’action, traitant les délégués de « syndicaux de formation versaillaise, auxiliaires et point d’appui du monde bourgeois ». Cette forme d’indépendance syndicale dérange, dans les rangs des militants marxistes comme Vaillant et Chabert. En revanche, proudhoniens et positivistes résistent à la propagande politique. Les collectivistes repassent à l’offensive lors du troisième congrès de Marseille en octobre 1879. Ils réussissent à faire voter un texte demandant « la collectivité du sol, du sous-sol, des instruments de travail et des matières premières ». Ils tentent, sans succès, d’affirmer la primauté du politique sur le social. Leur but ultime : la création d’un parti des travailleurs. Mais le syndicalisme français résista à cette tendance, contrairement à ses homologues allemands, belges et hollandais.