Bridgestone : FO déterminée face à la dureté de la direction

InFO militante par  Michel Pourcelot, L’Info Militante

Marche de soutien aux salariés de l’usine Bridgestone menacée de fermeture (le 4 octobre 2020). © Franck CRUSIAUX/REA

Chez le fabricant japonais de pneumatiques, dont la décision de fermer son site de Béthune a choqué par sa violence le 16 septembre dernier, les négociations, prévues sur cinq mois ont débuté par deux séances, les 6 et 8 octobre. FO est déterminée à y éviter une véritable casse sociale concernant au total 863 emplois.

Après le choc de l’annonce le 16 septembre dernier, place à la bataille des mots, ceux dont va dépendre l’avenir des salariés. FO qui est membre de l’intersyndicale et l’une des cinq organisations représentatives de l’usine, a participé les 6 et 8 octobre, avec les autres syndicats, aux premières séances de négociation dans le cadre d’un projet de cessation totale et définitive de l’activité de la société Bridgestone France SAS. Projet qui se traduit par un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) impactant pas moins de 863 personnes.

Ce sont donc cinq mois de discussions qui s’ouvrent après un « accord de méthode » signé le 21 septembre entre la direction et les représentants des salariés. Des discussions qui s’annoncent ardues face à une direction arc-boutée sur ses arguments de surcapacité et de basse performance de l’usine de Béthune, où elle n’a pourtant que peu investie, la spécialisant dans la gamme de pneumatiques la moins porteuse. La production du site avait déjà été drastiquement diminuée en 2019 et Bridgestone avait préféré consacrer une bonne part de ses investissements, sans compter des subventions européennes, pour développer sa production en Pologne.

Seul un investissement massif

Aujourd’hui seul un investissement massif pourrait donner une lueur d’espoir a martelé l’intersyndicale, le 1er octobre, au lendemain de la tenue d’un comité européen organisé en Italie par Bridgestone Europe, et où elle avait envoyé des représentants. De son côté, la ministre déléguée à l’industrie avait indiqué d’entrée le 21 septembre que l’État n’était pas un industriel et qu’il n’était pas envisagé de demander le remboursement des aides publiques considérables versées à Bridgestone. La ministre rencontrera néanmoins organisations syndicales (deux représentants pour chacune) et élus à Bercy le 19 octobre prochain.

Cinq mois de réunions cruciales

Entamées moins de 48h après une manifestation qui, le 4 octobre, a réuni quelque 1 500 personnes dans les rues de Béthune en solidarité avec les salariés de Bridgestone, ces premières rencontres ont surtout porté sur l’agenda. D’entrée, on a perdu un temps fou sur des questions de méthode, mais on a signé un accord de calendrier, indique Fabrice Boudart, secrétaire de FO Bridgestone et délégué syndical à l’usine de Béthune, où il travaille depuis près d’un quart de siècle.

Des réunions sont prévues presque chaque semaine jusqu’au 21 janvier 2021. Elles seront consacrées au choix des cabinets de reclassement, le 2 novembre, aux reclassements internes et aux critères d’ordre des licenciements, le 5 novembre, aux préretraites et retraites, le 19 novembre, aux congés de reclassement, le 26 novembre, à l’accompagnement à la mobilité, le 3 décembre, ainsi qu’aux mesures d’accompagnement à la formation et à la création d’entreprise (15 décembre).

Pour FO, en premier lieu le maintien de l’activité sur le site

Ayant quelques raisons de se méfier après la brutalité montrée par la direction, les représentants syndicaux ont interrogé celle-ci : on a demandé comment allait se passer les futurs paiements alors que la direction actuelle de l’usine doit cesser ses fonctions à la fin du mois. On avait notre avocat et des experts, raconte Fabrice Boudart. Les revendications de FO restent les mêmes, souligne le militant : en premier lieu, le maintien de l’activité sur le site, en second, la recherche d’un repreneur. A défaut, ajoute-t-il, il nous faudra négocier le congé de formation et d’accompagnement de retour à l’emploi ainsi que l’indemnité supra-légale. L’avenir de 863 familles en dépend.

 Michel Pourcelot Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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