Burkina Faso : grèves contre la vie chère

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°26 par Secteur Europe - International

© F. Blanc / FO Hebdo

Congrès FO – Matinée internationale en présence des invités étrangers.

Paul Kaboré, secrétaire général de l’ONSL (Organisation nationale des syndicats libres) du Burkina Faso et président de l’UAS (Union pour l’action syndicale) a pris la parole pendant la matinée internationale et en plénière. Il a dressé un portrait du marché du travail et de la situation socio-économique dans le pays, alors que l’année 2014 a été marquée par la chute du président Compaoré. Les syndicats et les travailleurs burkinabés (en coordination avec le Collectif contre l’impunité et le Collectif contre la vie chère) demandaient de solides réformes contre la vie chère, mais aussi la corruption politique et l’impunité des dirigeants. Une grève nationale contre la vie chère était organisée les 17 et 18 février. Le gouvernement a bien répondu aux revendications syndicales (baisse du prix des hydrocarbures) mais pas dans les proportions demandées : la baisse ne sera que de 50 francs, et non de 150 francs. L’ONSL prévoit donc une marche de protestation suivie d’une grève de 24 heures à partir du 8 avril 2015, dans l’ensemble du pays.

Le droit du travail national, dans ce contexte, n’a pas été épargné : semblable en cela aux pays européens, le Burkina Faso souffre d’un manque de respect des accords collectifs conclus, bafoués par les employeurs. Dans un contexte de crise, les salariés vivent dans la peur de perdre leur emploi. Le soulèvement de novembre dernier a causé d’importants dommages collatéraux (destruction des lieux de travail, licenciements) : la situation sociale exige donc des réformes ambitieuses pour assurer à tous les travailleurs un salaire.

Dans le cadre plus large d’un démantèlement international du droit de grève, l’ONSL a tenu à rappeler que ce n’était pas un droit « en crise » dans le pays, en témoignent les manifestations d’ampleur nationale en 2014. Elle a cependant prévu un rassemblement ce 18 février dernier, en défense du droit de grève. Nationalement, elle rappelle que l’une des clés du succès syndical sera la mobilisation des jeunes travailleurs.

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