Campagne internationale contre la privatisation de l’école

International par Evelyne Salamero

© Erik Jan Ouwerkerk/HH-REA

Plus un mois ne se passe sans que des enseignants ne se mobilisent quelque part dans le monde. Partout, leurs revendications supposent une augmentation des budgets publics dédiés à l’éducation.

A u Tchad, en Libye, au Mali, au Congo, en Côte d’Ivoire, au Maroc, en Tunisie, au Niger, au Burkina Faso, mais aussi aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Pologne, et plus récemment en Croatie, en République tchèque… Les grèves d’enseignants se multiplient sur la planète pour des augmentations de salaires, le paiement d’arriérés, la titularisation des contractuels, la défense des pensions, contre les classes surchargées, le délabrement des locaux… Depuis la crise de 2008, les politiques d’austérité et les plans d’ajustement structurel du Fonds monétaire international (FMI) non seulement n’ont rien réglé, mais ont encore détérioré la situation des systèmes publics d’éducation.

Les classes à plus de cent élèves, sous paillotes, sont toujours légion. Du fait de la corruption, nombre de constructions en dur [souffrant de malfaçons, NDLR] ne résistent pas aux intempéries. La presse locale qualifie la météo de  meilleur contrôleur public, a témoigné Souleymane Badiel, secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-Synter) du Burkina Faso, lors du récent congrès de la Fnec FP-FO (enseignement, culture et formation professionnelle).

La défense du statut, toujours

Dans ce pays, il manquait environ 5 000 instituteurs et 7 000 professeurs à la rentrée scolaire 2019-2020 (chiffres officiels). Et en 2018, le Burkina Faso ne comptait plus que 208 établissements publics contre 919 relevant du privé (tous degrés confondus).

Mais il ne s’agit que d’un exemple parmi tant d’autres, au point qu’en juillet dernier l’Internationale de l’éducation, en congrès à Bangkok, a prioritairement décidé d’amplifier sa campagne contre les menaces de marchandisation et de privatisation de l’école. Partout le désengagement de l’État s’accompagne d’une hausse inédite du recrutement de personnels précaires. Le congrès de l’Internationale de l’éducation a ainsi adopté une résolution proposée par la Fnec FP-FO et neuf autres organisations pour défendre et renforcer le recrutement de personnels de l’éducation sur la base de l’emploi permanent de titulaires garanti par un statut.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

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