Casino : pour sauver l’emploi, FO en appelle au gouvernement

Emploi et salaires par Clarisse Josselin

Fermeture du supermarché Géant Casino de Rennes. © Jean-Claude MOSCHETTI/REA

Le groupe Casino, attaqué en bourse par des fonds prédateurs, vient d’annoncer une nouvelle vague de cession de magasins. De plus, des rumeurs de fusion dans le secteur de la grande distribution font redouter à FO un plan social d’une ampleur jamais vue. Pour sauver l’emploi, la FGTA-FO a demandé au Premier ministre de la recevoir en urgence.

Le groupe Casino va mal et les prédateurs de la finance sont à l’affût, alerte la fédération FGTA-FO. Cent-dix-huit magasins ont déjà été fermés, 59 points de vente cédés et plus de 2 000 salariés transférés chez ces repreneurs. Fin août, le groupe a annoncé une nouvelle cession d’actifs, magasins et locaux commerciaux notamment, pour un montant de 2 milliards d’euros. L’objectif est de trouver de l’argent frais et de sauver Rallye, la maison-mère, endettée à hauteur de 2.9 milliards d’euros et en procédure de sauvegarde depuis mai dernier, pour une période de 6 mois.

La FGTA-FO a envoyé fin août un courrier au Premier ministre, ainsi qu’aux ministres du Travail et de l’Economie, à qui elle demande de la recevoir en urgence. Elle y fait part de son extrême inquiétude à court terme pour l’emploi et les garanties sociales des 75 000 salarié du groupe. Elle demande au gouvernement de faire du dossier Casino une priorité et d’appeler chaque partie prenante (la direction du groupe, les banques et les politiques) à prendre ses responsabilités.

Le groupe de grande distribution, qui possède également les enseignes Monoprix, Leader Price ou Cdiscount, fait l’objet d’attaques récurrentes de la part de spéculateurs, des vendeurs à découvert ou shorters, qui parient sur l’effondrement de Casino. La vente à découvert consiste à s’engager à vendre des actions que l’on ne possède pas encore puis de les racheter avant de les avoir payées, en espérant qu’entre temps, leur valeur aura baissé pour empocher une plus-value.

90 entreprises françaises dans le viseur des vendeurs à découvert

Ces fonds détiennent désormais plus de 20% des parts d’action du groupe selon Laurence Gilardo, secrétaire générale du SNTA-FO, syndicat majoritaire chez Casino. Elle redoute que ces prédateurs, qui se moquent totalement des questions d’emploi, ne prennent la main. Elle rappelle que l’actuel P-DG du groupe Casino s’est engagé à ne procéder à aucun licenciement sec en cas de cessions. Tout le personnel est repris, soit en interne, soit reclassé auprès du repreneur, souligne-t-elle. Ce qui ne serait pas le cas avec les prédateurs de la finance.

Elle souhaite également que le gouvernement durcisse la législation afin de suspendre la pratique de la vente à découvert pendant quelques mois, le temps que l’entreprise relève la tête. L’Allemagne l’a déjà fait par deux fois pour protéger l’emploi, explique-t-elle. Et il n’y a pas que Casino dans leur viseur, entre 80 et 90 entreprises françaises sont attaquées par ces shorters.

La FGTA-FO s’inquiète aussi de rumeurs de concentration avec d’autres acteurs de la distribution. Elle demande à l’exécutif d’œuvrer pour éviter une fusion des enseignes du secteur. En cas de regroupements, les bassins d’emploi à forte concentration en magasins, et les doublons que constitueront les services centraux et les bases logistiques, seront les premiers concernés par un vaste plan social d’une ampleur encore jamais vue, alerte-t-elle.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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