Ceci n’est pas un jeu vidéo : Blizzard élimine un tiers de l’effectif de sa branche française

LICENCIEMENTS par Michel Pourcelot

© Raimond Spekking / CC BY-SA 4.0 (via Wikimedia Commons)

Aussi facilement qu’un gamer à l’âme de trader, Activision Blizzard, géant du jeu vidéo, a décidé, malgré des résultats records de liquider près de 10% de ses salariés, dont 134 postes en France. Des licenciements boursiers et une délocalisation dissimulée accusent des syndicats.

Affichant des résultats records et un salaire de P-DG en hausse, la société de jeux vidéo américaine Activision Blizzard (CandyCrush, Call of Duty, Warcraft, etc.) a argué d’une année 2019 potentiellement difficile pour annoncer un plan de restructuration mondial de grande ampleur en février dernier. Sa filiale française, située à Versailles et siège européen, devrait perdre 134 postes sur 450, notamment dans les domaines des relations publiques et du marketing, particulièrement visés par ce vaste plan.

Dure réalité

Certains des postes français devraient être recréés en Irlande (186 postes disponibles à Cork au 24 juillet contre 1, de DRH, à Versailles…), selon plusieurs syndicats français. Ces derniers ont aussi déploré un plan social « au rabais », annoncé le 20 juin dernier, alors même que Blizzard se targue d’un « record de revenus net » se chiffrant en milliards de dollars pour 2018 (1,6 milliard d’euros). Le président de Blizzard a, quant à lui, déclaré que « l’envergure des équipes dans certaines branches est hors proportion par rapport à notre planning de sortie actuel. Ce que veut dire que nous devons réduire certaines zones de notre organisation. ». En à peine plus clair, les salariés sont la variable d’ajustement pour encore plus de bénéfices. Les marchands de virtuels sont bien réels.

Michel Pourcelot Journaliste

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