Portrait

Célina Daumas, secrétaire académique (Aix-Marseille) : « L’interprofessionnel nous a manqué »

, Evelyne Salamero

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Célina Daumas (ci-dessus à gauche) défilant aux côtés d’une camarade FO.

Syndicaliste depuis l’âge de 31 ans, Célina Daumas, 43 ans, a choisi cette année de quitter le syndicalisme autonome et de rejoindre la Confédération générale du travail FO, à l’instar de 70 % des adhérents de son ancien syndicat.

Venue au syndicalisme en 2005, davantage pour défendre les autres qu’elle-même, explique-t-elle, Célina Daumas était secrétaire académique (académie Aix-Marseille) du Syndicat national autonome des personnels d’administration et d’intendance (SNAPAI), qui s’est désaffilié de la Fédération autonome de l’Éducation nationale (FAEN) en 2016 pour se rapprocher de FO. Elle devient secrétaire départementale (Vaucluse) du Syndicat FO des personnels administratifs des services extérieurs de l’Éducation nationale (Spaseen FO), affilié à la Fédération FO de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle (FNEC-FP FO). La militante a aussi relevé le challenge, comme elle dit, de se présenter sur les listes FO aux prochaines élections professionnelles de la fonction publique.

GESTIONNAIRE D’UN COLLÈGE DE 750 ÉLÈVES

Divorcée, mère de deux enfants de 16 et 18 ans, gestionnaire d’un gros collège de 750 élèves en zone rurale, Célina n’est incontestablement pas du genre à se laisser effrayer par les responsabilités. La vie s’est chargée de forger sa capacité à affronter l’inconnu et à toujours trouver le côté positif des choses. Arrivée de Marseille, sa ville natale, à Cabrières d’Avignon (environ 2 000 habitants) en 2003, cette citadine dans l’âme a fini par s’attacher à son nouvel environnement. J’y suis depuis quinze ans et même si cela a été très dur pour moi au début, je m’y suis adaptée. Aujourd’hui, je vis et je travaille au milieu des champs.

Comment fait-elle pour concilier les exigences de son métier, avec un poste à hautes responsabilités, et son activité syndicale ? J’ai une décharge de service de vingt heures. Ce n’est donc pas infaisable, même si c’est lourd. Mais les activités du syndicat me portent tellement que cela me fait oublier tout le stress et toute la fatigue, répond-elle.

SON COCKTAIL VITAMINÉ : L’INTERPRO, L’INDÉPENDANCE, LA LIBERTÉ ET LA FRATERNITÉ

Un bel enthousiasme, visiblement inhérent à sa nature, mais aujourd’hui renforcé par une nouvelle découverte : l’interpro ! L’interprofessionnel nous a manqué. Dans mon ancien syndicat, au fil des années je me suis rendu compte que nous étions isolés. À FO, le syndicat peut s’appuyer sur la fédération, l’union départementale et la Confédération. Les infos circulent dans tous les sens entre toutes les structures, du coup on est toujours à la pointe de l’actualité et beaucoup plus réactifs dans notre action en direction des adhérents.

Célina évoque aussi l’accueil du Spaseen et de la FNEC FO, la camaraderie, l’écoute et la pertinence des analyses. Elle garde un souvenir ému du Congrès confédéral, auquel elle a assisté en tant qu’observatrice, épatée par la liberté de parole et l’honnêteté des débats. Elle se souvient aussi avec précision du stage « Découverte » à l’union départementale, grâce auquel elle a appris l’histoire de la Confédération, de la scission de 1947 à nos jours. Autant d’étapes qui lui ont confirmé qu’elle avait fait le bon choix, celui de l’indépendance, de la liberté de pensée et de parole et de la fraternité, qu’elle a elle-même chevillées au corps.