Soutien aux salariés d’⁦André


30 juin 2020 - Yves Veyrier, Secrétaire général de FO, est venu apporter son soutien aux salariées/salariés de ⁦André mobilisés avec leurs syndicats contre les suppressions d’emplois - les emplois et les salaires avant les actionnaires

Chaussures André : les salariés mobilisés contre la mauvaise gestion de l’enseigne

Article inFO militante par Clarisse Josselin, journaliste L’inFO militante

Les salariés de l’enseigne de chaussures étaient appelés à une grève reconductible le 30 juin par trois syndicats dont FO. Ils dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et craignent pour leur emploi, alors que l’entreprise a déposé le bilan le 23 mars. En cas de plan social, ils exigent que Spartoo tienne ses engagements sur le versement d’indemnités supra-légales.

André existe depuis 120 ans et la stratégie de Spartoo l’a conduit à sa perte en 18 mois !!! dénonce l’intersyndicale FO-CGT-CFDT de l’enseigne de chaussures dans un tract distribué aux passants le 30 juin devant la boutique parisienne de la rue d’Isly, dans le quartier des Grands Magasins. Une soixantaine de salariés en grève ont crié leur colère à coup de cornes de brume. Sur la façade de la boutique, rideau baissé, des pancartes accusatrices : Spartoo, le Covid d’André, 450 salariés en soldes, merci Spartoo. Plusieurs rassemblements similaires ont été organisés dans toute la France.

L’entreprise, créée en 1896, avait été rachetée en avril 2018 par le site de vente en ligne Spartoo au groupe Vivarte. Elle a été placée en redressement judiciaire le 1er avril après un dépôt de bilan le 23 mars. En 2019, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros mais enregistré 10 millions de pertes.

On est là d’abord pour dénoncer la dégradation de nos conditions de travail depuis notre rachat par Spartoo, explique Tania Rome, déléguée centrale FO, deuxième syndicat en terme de représentativité. Depuis la reprise, plus de 120 personnes ont été incitées à abandonner leur poste. On était plus de 600 contre 413 aujourd’hui, pour 120 boutiques. Dans certains magasins, il n’y a plus que 2 salariés pour 160 m2.

Sans bras et sans marchandises, impossible de faire du chiffre

Les arrêts maladie sont en hausse et le mot de burn-out est sur toutes les lèvres. On n’en peut plus, dans mon magasin, on est passés de sept à deux salariés depuis la fin du confinement, explique Naïma, vendeuse dans une boutique du centre de Paris, chasuble FO sur le dos. On doit tout faire, la manutention, s’occuper des clients, tenir la caisse, à deux ce n’est pas possible. Embauchée depuis 37 ans dans l’enseigne, elle en parle comme d’une grande famille où les salariés avaient l’opportunité de vite évoluer en interne. Être vendeur c’est un métier, et c’est une satisfaction personnelle de relooker un client, explique-t-elle. Mais Spartoo nous a enlevé notre fibre commerciale. Le repreneur nous a meurtris et détruits, un clic pour Spartoo, c’est une claque pour André, enchaîne sa voisine.

Les manifestants évoquent tous le manque de stocks et un nombre de vendeurs insuffisant en magasins. On est sans bras et sans marchandise, il est impossible de faire du chiffre et d’atteindre nos objectifs, ils veulent faire craquer les salariés, témoigne l’un d’eux. Ils redoutent l’arrivée des soldes mi-juillet, sans renfort en personnel.

Un ancien patron fait une offre de reprise partielle

Autre sujet de colère, la situation financière de l’enseigne et les conditions de départ en cas de plan social. La crise sanitaire est tombée à point nommé pour trouver un coupable, la direction de Spartoo y a vu l’opportunité de ne pas rendre de comptes sur sa gestion hasardeuse, dénonce la section commerce de la fédération FEC-FO.

Il n’y aurait qu’un candidat pour une reprise partielle, François Feijoo, qui a déjà dirigé l’enseigne de 2005 à 2013 au sein du groupe Vivarte. Son offre porte sur 47 magasins et environ 220 salariés sur 420 selon les Echos. Il devait défendre son plan le 1er juillet lors d’une audience devant le tribunal de commerce de Grenoble, pour une décision prévue le 24 juillet. Les salariés en parlent avec respect. C’est un passionné, il connaît le métier, pas comme le repreneur qui à la première réunion nous a parlé de godasses, lâche avec dégoût une salariée.

Les autres offres ne concerneraient que des reprises de fonds de commerce. Les salariés redoutent le pire. En cas de liquidation et de PSE, ils exigent que Spartoo respecte ses engagements en terme d’indemnités. Lors de la reprise, Vivarte lui avait versé 17,5 millions d’euros. Cette enveloppe devait servir à financer des indemnités supra légales aux salariés si un plan social survenait dans les deux ans. <q<Spartoo a pris des engagements chiffrés constatés devant le tribunal de commerce, précise Marlone Zard, avocat du CSE. Il va maintenant essayer de trouver une faille juridique. S’il ne respecte pas ses engagements, on ira devant les tribunaux.

Le secrétaire général de FO venu soutenir les manifestants

Les salariés veulent savoir où sont passés ces millions. On est au Smic même avec 30 ans de maison, explique Tania Rome. Spartoo nous a menés au gouffre pour ne rien avoir à débourser. On veut nous faire partir sans rien, c’est hors de question.

Le secrétaire général de FO Yves Veyrier, venu apporter son soutien aux salariés parisiens, a estimé qu’ il n’est pas admissible que des entreprises qui ont bénéficié d’aides publiques utilisent la crise sanitaire pour des opérations financières qui profitent aux actionnaires, il faut empêcher ces licenciements. Il est inadmissible que des salariés soient jetés à la rue de cette manière.

Les salariés sont de nouveau appelé à faire grève le 15 juillet, premier jour des soldes.

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