Communiqué de FO

Chômage : former c’est nécessaire, créer des emplois de qualité c’est mieux !

, Michel Beaugas, Secteur Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire

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© Pascal SITTLER / REA

Les chiffres du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en août 2017 viennent de paraître.

Au total, pour toute la France —DROM incluses—, et toutes catégories confondues, on recense ce mois 6 705 000 personnes inscrites à Pôle emploi, ce nombre a augmenté en un mois de 0,6% et de 1,5% sur l’année.

Le nombre de demandeurs d’emplois inscrits en catégorie A en France métropolitaine (tenus de rechercher un emploi et sans activité) a sensiblement augmenté sur un mois 0,6% en s’établissant à 3 540 400 mais a diminué sur un an de -0.3%. Le nombre d’inscrits en activité partielle en catégorie B (-78 heures travaillées dans le mois) augmente pour le mois de 2%, mais diminue sensiblement en catégorie C (+78 heures travaillées dans le mois) de -1% sur cette période, portant un nombre total de demandeurs d’emploi en activité réduite, donc précaires, à 2 105 600 personnes pour août 2017.

Le président de la République entend, lors de son quinquennat, faire de la formation des jeunes et des demandeurs d’emploi une priorité, encore faudrait-il que des emplois soient créés. La relance de l’emploi passe avant tout par la reprise de l’activité économique. Former c’est nécessaire, créer des emplois de qualité c’est mieux !

C’est forte de ces préoccupations que Force Ouvrière abordera les concertations sur l’apprentissage, l’Assurance chômage et la formation professionnelle qui devraient débuter le mois prochain.

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Michel Beaugas

DEPARTEMENT DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE


Assurance chômage
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Éphéméride

20 octobre 1876

Le congrès de la salle de la rue d’Arras
Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne. Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, (...)

Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne.

Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, le gouvernement dissout la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris. Un an plus tard, une restauration monarchiste échoue de très peu. Mais aux élections législatives de février-mars 1876, royalistes et bonapartistes n’obtiennent que 155 sièges contre 360 aux républicains. Or, ces derniers ne sont pas hostiles au mouvement ouvrier. Les travailleurs de Besançon en profitent et créent le premier syndicat de l’horlogerie en 1876, en liaison avec le puissant mouvement suisse.

C’est dans ce contexte qu’a lieu le congrès de la salle d’Arras, à Paris, le 20 octobre 1876. Les chambres syndicales parisiennes réussissent à organiser un congrès réunissant 360 délégués dont 255 de Paris. D’entrée le Comité d’initiative se démarque du politique. Il déclare, avec des accents qu’on qualifierait aujourd’hui d’ouvriéristes : « Tous les systèmes, toutes les utopies que l’on a reprochés aux travailleurs ne sont jamais venus d’eux. Tous émanaient de bourgeois, bien intentionnés sans doute, mais qui allaient chercher les remèdes à nos maux dans des idées et des élucubrations, au lieu de prendre conscience de nos besoins et de la réalité ».

Le congrès réclame la liberté de réunion et d’association, le droit au travail, un salaire décent et les assurances chômage, vieillesse et maladie. Il affirme sa volonté d’indépendance vis-à-vis de l’État, des partis et de l’idéologie socialiste pour se pencher sur l’étude pratique des revendications citées en introduction par le Comité d’initiative. Il est remarquable que, durant la réunion, seuls les ouvriers eurent le droit de s’exprimer. Ce congrès, où se côtoient des mutualistes, des coopérateurs et des syndicalistes, est, à sa manière, un pas vers la construction du syndicalisme autonome.

Les communards socialistes en exil, par la plume d’Édouard Vaillant, critiquent violemment cette autonomie d’action, traitant les délégués de « syndicaux de formation versaillaise, auxiliaires et point d’appui du monde bourgeois ». Cette forme d’indépendance syndicale dérange, dans les rangs des militants marxistes comme Vaillant et Chabert. En revanche, proudhoniens et positivistes résistent à la propagande politique. Les collectivistes repassent à l’offensive lors du troisième congrès de Marseille en octobre 1879. Ils réussissent à faire voter un texte demandant « la collectivité du sol, du sous-sol, des instruments de travail et des matières premières ». Ils tentent, sans succès, d’affirmer la primauté du politique sur le social. Leur but ultime : la création d’un parti des travailleurs. Mais le syndicalisme français résista à cette tendance, contrairement à ses homologues allemands, belges et hollandais.