Coiffure : Reprise et Coronavirus, encore trop d’interrogations

Coronavirus / Covid19 par FGTA-FO, STÉPHANIE EYMERIC PRAT

Article publié dans le cadre de la campagne Election TPE du 22 mars au 6 avril
F.Blanc

Près de 180 000 personnes en France travaillent dans le milieu. Ce sont autant d’interrogations qui traversent le de la coiffure. Questions à Stéphanie Prat-Eymeric, secrétaire fédérale FO en charge de la coiffure et de l’esthétique, article de Var Matin du 21 avril 2020.

Comment la profession vit cette période ?
Comme tout le monde. L’activité est à l’arrêt. On attend tous d’en savoir plus... Les salariés sont en situation de chômage partiel. Tout le monde est pressé de revenir à la situation d’avant, mais on sait que ce sera encore long. C’est normal d’avoir envie de reprendre. La coiffure, c’est un lien social.

Les aides de l’État vous paraissent-elles suffisantes ?
Les salaires sont assez bas dans le métier... En mars, il y avait les mesures de chômage partiel qui permettaient d’avoir un salaire normal malgré le confinement. Pour avril, j’espère que tous les salons ont également effectué les démarches nécessaires pour assurer ces salaires qui, je le rappelle, sont déjà faibles en général...

La coiffure à domicile impossible, cela frustre-t-il les professionnels ?
Non, car c’est aussi dangereux que dans un salon, puisqu’on est en contact direct avec la clientèle.

Avez-vous des certitudes pour l’après 11 mai ?
Non, on n’a aucune certitude ! Dans la branche, on travaille sur un guide de bonnes pratiques quand on pourra reprendre l’activité. Mais on n’a aucune date en tête, on est dans le flou. Et quand on imagine la reprise d’activité, encore faut-il que ce soit dans les meilleures conditions de sécurité possible.

Vous parlez des masques notamment ?
Oui, et des visières aussi et surtout. Car il y a les yeux aussi à protéger. Quand on coupe, il arrive souvent qu’on ait des projections dans les yeux. Alors on se les frotte forcément. Et on sait que c’est une porte d’entrée possible du virus, au même titre que le nez ou la bouche.

Malgré le flou, vous réfléchissez donc à la façon de reprendre l’activité ?
Oui, la branche, avec tous les partenaires sociaux, différents organismes et médecins, travaille sur cet après-confinement. Mais on n’est pas encore à imaginer la manière dont on pourrait travailler ! Il faut d’abord pouvoir tous se mettre d’accord, c’est l’objet des réunions à venir.

Le jour où l’activité reprend, vous attendez-vous à un gros afflux vers les salons ?
Quand on regarde les réseaux sociaux, on s’aperçoit qu’il y a énormément de gens qui s’impatientent. Cependant, on aura beaucoup de gens qui resteront prudents, voire qui vont craindre pour leur santé. Donc, aujourd’hui, prévoir le flux de clientèle à la réouverture des salons me paraît impossible. Il y a trop d’interrogations encore. Cela va dépendre du matériel de sécurité.

Quel est votre espoir ?
Que la santé des coiffeurs et des clients soit la priorité. Et qu’on ne soit pas confinés pour rien pour rouvrir trop vite avant qu’on ne soit sûrs.

FGTA-FO AGRICULTURE, ALIMENTATION ET TABACS ET ACTIVITÉS ANNEXES

STÉPHANIE EYMERIC PRAT

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