Santé

Concilier vie professionnelle et pathologie chronique

, Françoise Lambert

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Le salarié atteint d’une maladie chronique ou d’un handicap peut bénéficier de mesures spécifiques afin de pouvoir conserver son travail. © Marta NASCIMENTO / REA

Une première question pour le salarié concerné touche à la confidentialité de sa pathologie. Le choix de le dire ou pas au travail demeure personnel. Certaines pathologies entraînent des signes visibles, la question devient alors plus délicate. Quoi qu’il en soit, un supérieur hiérarchique n’a pas le droit d’interroger un salarié sur sa maladie. Si l’employeur demande une attestation de carte Vitale, il est possible de se procurer auprès de l’Assurance maladie un document qui ne mentionne pas la prise en charge à 100 % en lien avec une affection longue durée (ALD).

Le salarié touché par une maladie grave reconnue par la Sécu bénéficie de la prise en charge intégrale des frais médicaux en lien avec sa pathologie. Des mesures spécifiques peuvent être mises en place pour les travailleurs atteints d’une maladie chronique, comme l’aménagement du poste de travail, un temps partiel thérapeutique ou un arrêt maladie long si celui-ci s’avère nécessaire. Le médecin du travail reste un interlocuteur privilégié de l’entreprise et du salarié. Il peut faire appel à d’autres professionnels de la santé au travail, comme l’ergonome, pour trouver des solutions techniques à l’adaptation du poste de travail.

Aménagement du poste de travail

En cas de difficultés dans l’aménagement de son poste, le salarié peut aussi faire appel au Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (Sameth), une structure départementale majoritairement financée par l’Agefiph, l’organisme paritaire chargé de favoriser l’insertion professionnelle et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées dans les entreprises du privé.

Le salarié qui vit une diminution de ses capacités physiques ou mentales peut en outre demander la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Ce statut, accordé pour une durée de un à cinq ans renouvelable, permet des aides financières ou des formations, par exemple en vue d’une reconversion pour raison de santé.

En cas de discrimination au travail en lien avec son état de santé ou un handicap, le salarié peut contacter le syndicat FO de son entreprise, pour connaître ses droits et se défendre. Il peut aussi saisir le Défenseur des droits. Celui-ci diligente une enquête qui peut servir d’élément dans un dossier devant les prud’hommes. Quand un dossier est appuyé par des observations du Défenseur des droits, les tribunaux suivent son avis dans une grande majorité des cas, indique-t-on au secteur juridique de la confédération FO.

 

Focus - Temps partiel médical : FO pour une compensation financière
23 % des salariés de 55 à 64 ans travaillent à temps partiel, contre 18 % des 30-54 ans. Si ces derniers le font plutôt pour des raisons familiales, les seniors y recourent plus souvent pour des raisons de santé, selon une étude de la Dares. FO revendique une compensation financière pour les salariés dont le temps partiel leur a été imposé pour des raisons médicales, indique Anne Baltazar, secrétaire confédérale FO chargée du handicap.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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