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Confédération syndicale internationale : un congrès pour « renforcer le pouvoir des travailleurs »

, Evelyne Salamero

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Le Secrétaire général de FO dénonce l’urgence sociale devant le congrès de la CSI et défend fermement l’Organisation Internationale du Travail et les combats qui y ont été menés par nos camarades travailleurs dans le cadre du tripartisme depuis 1919, notamment concernant le droit de grève.

Plus de 1 200 syndicalistes, représentant les travailleuses et les travailleurs de 132 pays, se réunissent cette semaine, du 2 au 7 décembre, à Copenhague pour le congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI). Parmi eux, la délégation de la confédération FO qui, sur fond de situation sociale particulièrement tendue en France, met plus que jamais en avant la nécessité de défendre les droits syndicaux ainsi que la négociation collective et de s’opposer aux politiques d’austérité.

La croissance des salaires réels, à 0,8 %, n’a jamais été aussi faible depuis 2008, ce qui signifie que, à l’échelle mondiale, nous nous acheminons encore vers davantage d’inégalités et d’injustice sociale, avec tout ce que cela implique. C’est en ces termes que Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) a tiré la sonnette d’alarme, dans son intervention, en tant qu’invité, au congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI).

On ne s’étonnera donc pas que dans ce contexte, le Congrès de la CSI, qui se fixe pour objectif d’accroître de 10% le nombre de ses membres d’ici 2022 comme l’a rappelé sa secrétaire générale sortante Sharan Burrow, débouche sur une déclaration finale dont on sait déjà qu’elle s’intitulera : Renforcer le pouvoir des travailleurs et des travailleuses : changer les règles.

Plus de 60% de la population active mondiale travaille dans l’économie informelle

Le projet qui sera définitivement adopté à l’issue des débats dénonce notamment les politiques libérales d’austérité qui remettent en cause les systèmes de sécurité sociale et les services publics.

Rappelant que plus de 60% de la population active mondiale travaille dans l’économie informelle et que le nombre des emplois précaires ne cesse d’augmenter, en particulier dans les entreprises sous-traitantes qui constituent les chaînes d’approvisionnement des grandes multinationales, la CSI revendique l’inclusion de clauses contraignantes dans les accords commerciaux internationaux centrées sur le respect des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la liberté syndicale et de négociation (conventions 87 et 98). Elle mène également campagne pour l’élaboration d’une nouvelle convention de l’OIT dédiée aux chaines d’approvisionnement.

Le projet de déclaration finale prend également clairement position contre les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États (Investor-state dispute settlement, ISDS, en anglais), qui permettent à des multinationales d’attaquer des États si elles considèrent que les réglementations de ces derniers mettent en danger leur compétitivité.

Les salaires et les droits des travailleurs ne sont les ennemis ni du climat, ni de l’économie rappelle FO

Autant de points défendus par la confédération FO, dont le secrétaire général Yves Veyrier a souligné dans son intervention en séance plénière du congrès que la situation explosive que connaît la France aujourd’hui est le produit des politiques d’austérité et de déstructuration des systèmes de protection sociale, d’accroissement de la précarité, de perte du pouvoir d’achat des salaires et de l’affaiblissement du droit syndical et de la négociation collective.

Les salaires et les droits des travailleurs ne sont ni les ennemis du climat, ni les ennemis de l’économie, a insisté le secrétaire général de la confédération FO, rappelant que l’urgence climatique s’accompagne d’une urgence sociale.

Nous avons plus que jamais besoin d’une Europe des travailleurs qui forge les solidarités des travailleurs et ne détruise pas les droits, a-t-il ajouté, appelant aussi à un renforcement du rôle de l’OIT en faveur de l’application effective des normes sociales.

Evoquant l’offensive déclenchée en 2015 par les employeurs contre le droit de grève au sein de l’OIT, Yves Veyrier a salué l’action de la CSI qui a permis de la bloquer, notamment grâce à sa saisine de la Cour internationale de justice. Le secrétaire général de FO a qualifié ce résultat de victoire de la CSI et du tripartisme au sein de l’OIT.

FO défend et défendra fermement notre système de protection sociale

Marjorie Alexandre, secrétaire confédérale en charge du secteur des relations internationales et des droits fondamentaux intervenant à une autre occasion dans les débats, a renchéri : […] Force Ouvrière appelle depuis des mois le gouvernement à entendre les organisations syndicales. Force Ouvrière appelle notamment le gouvernement à entendre sa revendication de hausse générale des salaires et pensions, dans le public comme dans le privé […]. De même, notre organisation défend et défendra fermement notre système de protection sociale qui a protégé les travailleurs face à la crise économique qui a secoué notre pays depuis 2008. Ce qui se passe aujourd’hui n’est autre que le résultat de l’absence d’écoute des revendications des travailleurs et des organisations syndicales.

Dans ce contexte, la délégation FO s’est également félicitée de la future campagne annoncée par la CSI en défense des services publics, campagne qui sera menée avec les fédérations sectorielles européennes

Partout dans le monde, la même logique libérale

Partout dans le monde, quel que soit le niveau de développement des pays, la même logique libérale est à l’œuvre et se traduit par une attaque contre le modèle social, aussi faible soit-il, a constaté la délégation FO, à l’écoute des interventions des autres délégations.

Un constat que les délégués FO n’ont pas manqué de transmettre à l’ambassadrice de France au Danemark, Mme Caroline Ferrari, qui les a reçus en marge du congrès, avant de lui rappeler les revendications de la confédération FO, ses alertes auprès des gouvernements successifs sur la montée du mécontentement, les mouvements sociaux de ces dernières années, et que concertation n’est pas négociation.

La délégation Force Ouvrière, au congrès de la CSI, porte haut et fort ses revendications devant les camarades travailleurs du monde entier.

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