Conseil d’orientation des retraites : des prévisions en amélioration, mais à quel prix ?

Retraite par Françoise Lambert, journaliste L’inFO militante

L’embellie annoncée sur le front des retraites est surtout due à des mesures qui pénalisent largement les retraités et futurs retraités, notamment avec le dernier accord sur les retraites complémentaires, que FO n’a pas signé.

C’est la troisième fois que le Conseil d’orientation des retraites remplit la mission qui lui a été confiée par la dernière réforme des retraites de 2014 : rédiger pour un comité de suivi des projections permettant d’évaluer si l’ « esprit de la loi » est respecté, notamment en termes de pérennité, d’équilibre et d’équité des régimes.

Déficit réduit à 0,2% du PIB à l’horizon 2020

Dans son rapport annuel rendu public le 15 juin, le Conseil d’orientation des retraites (COR) constate une amélioration des projections financières du système de retraite. Selon son scénario médian, le déficit du système de retraite (tous régimes et Fonds de solidarité vieillesse inclus) se réduirait à 0,2% du PIB (Produit intérieur brut) à l’horizon 2020, soit environ 4 milliards d’euros, au lieu des 0,4% prévus par le rapport de l’année dernière.

Réduction des pensions complémentaires

Les prévisions du COR intègrent désormais de nouvelles prévisions économiques avec notamment un taux de chômage stabilisé à 7% d’ici une quinzaine d’années, jugé plus réaliste qu’un retour à 4,5%.

Le COR prend aussi en compte dans ses nouveaux calculs les mesures du dernier accord sur les retraites complémentaires Agirc et Arrco d’octobre dernier, qui devraient dégager 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020.

« Quand on parle d’économies, il s’agit en réalité de réduire les pensions », indique Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO, cette année, c’est un peu comme si le COR validait l’analyse qui nous a amenés en octobre à ne pas signer accord sur les retraites complémentaires. »

Moins de points et moins de droits à la retraite

Le texte prévoit notamment une moindre revalorisation des pensions pendant trois ans, à un point en-dessous de l’inflation, ainsi que l’augmentation du prix d’achat du point - qui fait qu’un salarié acquérera, avec un même salaire, moins de points et donc moins de droits à la retraite.

Ce sont ces deux dispositions qui, selon l’aveu même du COR, entraîneront les économies les plus importantes.

La retraite moyenne augmente moins vite que le salaire moyen

Le Conseil d’orientation des retraites observe en outre une baisse de la pension moyenne par rapport au salaire moyen jusqu’en 2060. « La retraite moyenne augmente moins vite que le salaire moyen. C‘est une conséquence directe de la réforme de 1993 », explique Philippe Pihet.

Une revalorisation fondée sur l’évolution des prix et plus sur celle des salaires

La réforme de 1993, menée à l’époque par Édouard Balladur, a notamment mis en place une revalorisation des pensions se fondant sur l’évolution des prix, et non plus sur l’évolution des salaires. D’où le décrochage de pouvoir d’achat entre la pension moyenne et le salaire moyen, encore plus sensible en période d’inflation basse ou nulle.

Le rapport du COR va maintenant être soumis au Comité de suivi des retraites, qui rendra son avis sur l’évolution de la réforme de 2014, comme chaque année avant le 15 juillet.

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