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Constructions navales et industrielles de Méditerranée : pour FO, sauver les emplois, coûte que coûte

InFO militante par  Thierry Bouvines, L’Info Militante

© Ian HANNING/REA

Les 350 salariés de la filiale environnement des Constructions navales et industrielles de Méditerranée (CNIM) attendent avec anxiété de connaître les offres de repreneurs alors que le groupe est contraint de vendre ses activités à la découpe. FO, syndicat majoritaire, se concentre sur les emplois à sauver et remet à plus tard la recherche des responsabilités dans cet échec industriel.

Les 125 millions d’aides de l’État n’auront pas suffi. Les Constructions navales et industrielles de Méditerranée (CNIM), basées à la Seyne-sur-Mer (Var) et qui emploient 2 700 salariés, ont été placées en sauvegarde judiciaire le 24 janvier par le tribunal de commerce de Paris. Le groupe va être démantelé et vendu par activité. Nous ne dénigrons pas les aides de l’État : elles nous ont permis de tenir plus longtemps, mais elles n’ont pas suffi à sauver le groupe. Celui-ci va être démantelé, il faut maintenant limiter l’impact social, déclare Caroline Castets, déléguée syndicale FO à la CNIM, secrétaire du CSE et membre du conseil d’administration.

Deux procédures ont en fait démarré le 24 janvier. La filiale EPC, spécialisée dans l’environnement (centres de traitement et de valorisation des déchets), qui emploie 350 personnes à la Seyne-sur-Mer, a été placée en redressement judiciaire. Il lui reste trois mois pour trouver un repreneur, faute de quoi elle risque la liquidation.

De son côté, le groupe a été placé en sauvegarde judiciaire afin de ne pas entraîner les autres filiales dans la chute d’EPC, explique Caroline Castets.

L’urgence est donc à trouver des repreneurs pour EPC. Ils avaient jusqu’au 9 février pour déposer leur offre. Quatre ou cinq acheteurs ont marqué leur intérêt, explique Caroline Castets, qui a assisté à l’audience du 24 janvier. Il s’agit de pistes sérieuses mais nous ne connaissons pas les périmètres, et donc le nombre d’emplois, que ces acheteurs proposent de reprendre. Selon elle, le tribunal devrait se prononcer début mars.

Il sera toujours temps de régler les comptes plus tard

En attendant, la cotation des actions du groupe sur le marché Euronex est suspendue. FO veut qu’un maximum d’emplois soient sauvés, sinon, ce serait une catastrophe pour le territoire, déclare la déléguée. Née en 1856 et détenue par la holding Soluni de la famille Dmitrieff, la CNIM est le premier employeur privé du Var.

A côté de ces deux procédures, le groupe attend aussi des offres de reprise ou d’adossement pour sa filiale CSI, spécialisée dans le développement d’installations de maintenance pour systèmes et instruments de pointe pour la défense et le spatial. Celle-ci intervient notamment pour Ariane, le programme de recherche nucléaire ITER et dans la fabrication des tubes lance-missiles pour les sous-marins français. Elle est jugée stratégique par l’État.

Au printemps dernier, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait jugé que la CNIM était « définitivement sauvée », après que l’État lui avait accordé un prêt direct de 40 millions d’euros, auxquels s’étaient ajoutés 85 millions d’euros à l’automne. Cela n’a pas été suffisant. L’État, ayant pris acte de l’échec de la stratégie menée, à la suite d’erreurs managériales, ne s’entête pas et prend ses responsabilités pour que les activités soient pérennisées, indiquait une source à Bercy citée dans une dépêche de l’AFP datée du 24 janvier.

Les ennuis du groupe ont en fait démarré début 2020. Le marché anglais et le Brexit ont eu raison d’EPC, analyse Caroline Castets. La filiale environnement de la CNIM a en effet perdu deux partenaires anglais en génie civil. C’est un cercle vicieux, la situation financière de l’entreprise s’est dégradée, entraînant une perte de confiance des clients, explique la militante. Résultats : des contrats qui ne rentrent plus, un business plan qui n’est pas tenu et une rupture de confiance entre la direction et l’État. Erreurs de la direction ? Manque de contrôle des aides de l’État ? Aides trop faibles ? L’urgence est à trouver un repreneur pour EPC et ses 350 salariés. Il sera toujours temps de régler les comptes plus tard, résume Caroline Castets.

Nous avons toujours fait en sorte que nos actions permettent la poursuite de l’activité

Conscient de ses responsabilités de syndicat majoritaire de l’entreprise, FO ne veut rien faire qui puisse dissuader des repreneurs. Jusqu’à présent, nous avons toujours fait en sorte que nos actions permettent la poursuite de l’activité, en organisant par exemple des rassemblements de 12 heures à 14 heures plutôt que des débrayages, explique la déléguée syndicale.

Par ailleurs, l’équipe FO continue de faire des points réguliers avec le comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) du ministère de l’Économie, chargé d’aider les entreprises en difficulté. Elle participera bien sûr aux réunions du comité social et économique (CSE).

Il faut coûte que coûte minimiser les pertes d’emplois, appuie Géraldine Nivon, secrétaire fédérale en charge des secteurs mécaniques à FO métaux, en référence au Quoiqu’il en coûte prôné par le gouvernement début de la pandémie. Quand nous connaîtrons la décision du tribunal, nous déciderons d’un plan d’action avec l’équipe FO, ajoute-t-elle.

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