COP21 : l’objectif de moins 2°C demandera de très vite relever l’ambition

International par Yves Veyrier

Article publié dans le Dossier Climat

Si l’accord de Paris, rendu public ce jour, affiche l’ambition de demeurer en dessous de 2°C, beaucoup reste à faire pour s’en assurer. L’objectif d’une transition juste, revendiqué par les syndicats, fait partie du préambule et sera un point d’appui pour la CSI

Le texte de l’accord présenté pour adoption formelle cet après-midi se compose d’une première partie dite « décision » et d’une annexe intitulée « accord de Paris ».

"Bien moins de 2°C"

L’objectif affirmé est de contenir le réchauffement du climat à « bien moins que 2°C » et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C. » (Art 2.1 de l’accord de Paris)

Sachant que les engagements des États en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne permettent pas, à l’heure actuelle, de faire mieux que moins de 3°C, ce qui sera déterminant seront les mécanismes de vérifications de la mise en œuvre de ces engagements et de leur révision tels qu’énoncés dans les articles suivants (4, 7, 9, 10, 11 and 13).

L’article 9 confirme la nécessité pour les pays développés d’assumer l’aide financière nécessaire aux pays en développement pour atteindre les objectifs d’atténuation (limitation) du réchauffement ainsi que les politiques d’adaptation d’ores et déjà indispensables compte tenu de la part irréversible du réchauffement en cours. Les 100 milliards de dollars par an, à l’horizon de 2020, sont réaffirmés (paragraphe 54 de la « décision »).

"Transition juste, emploi décent et droits de l’homme"

Les syndicats, sous l’égide de la CSI (Confédération syndicale internationale), n’ont eu de cesse de revendiquer la pleine prise en compte de la dimension sociale sous le vocable de « transition juste. »

Si cela n’a pas été inséré dans le texte de l’article 2 de l’accord, comme l’ont soutenu jusqu’au bout les délégations syndicales présentes sur place au Bourget, cet enjeu est cependant finalement affirmé dans le préambule de l’accord lui-même : « prenant en compte la nécessité d’une transition juste pour les travailleurs et de la création d’emploi décent et de qualité conformément aux priorités de développement définies au niveau national ; reconnaissant que le changement du climat concerne l’humanité collectivement, les Parties (ndlr : les États et l’UE) doivent … respecter, promouvoir et tenir compte de leurs obligations respectives du point de vue des droits de l’homme, du droit à la santé, des droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des populations vulnérables, ainsi que du droit au développement, de l’égalité de genre (ndlr : femmes-hommes), du renforcement de la place des femmes et de l’égalité intergénérationnelle. »

Déception mais détermination de la CSI

Dans une première réaction, la CSI, tout en se félicitant que l’ampleur du phénomène soit reconnue, rappelant que d’ores et déjà 2,6 millions de personnes sont en situation de « déplacés climatiques », appelle à amplifier l’ambition, déplorant que le mécanisme de révision des engagements nationaux pays par pays ait été remplacé par un mécanisme collectif.

La CSI estime également que les engagements financiers demeurent insuffisants.

La CSI souligne que la prise en compte de la transition juste, certes dans le seul préambule de l’accord, sera un point d’appui pour elle pour renforcer son action.

Sharan Burrow a ainsi affirmé que maintenant les syndicats vont agir dans chaque pays pour que les politiques de décarbonisation et de transition énergétique assurent une transition juste pour tous : « personne ne doit rester en marge de ce qui est une course contre le temps. »

Yves Veyrier Secrétaire général de Force Ouvrière

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