David Megret dans la défense des revendications des inspecteurs de l’Éducation nationale

InFO militante par Sandra Déraillot, L’inFO militante

Avec son équipe, David Megret développe le Syndicat national FO des corps d’inspection de l’Éducation nationale. La voix de FO est de plus en plus entendue, note le secrétaire général du SNCI-FO qui, en décembre dernier, tenait son deuxième congrès à Angers.

L e SNCI-FO a été créé à l’été 2024 et dispose déjà d’adhérents dans une dizaine de départements. Le secrétaire général du tout jeune Syndicat national des corps d’inspection de l’Éducation nationale, David Megret, lui-même inspecteur et basé à Saint-Paul (La Réunion), résume toutefois avec modestie : Nous avons encore peu d’adhérents. Le syndicat enregistre une progression correcte, constate de son côté la fédération FNEC FP-FO.

A la Réunion, le syndicat représente déjà plus de la moitié des IEN du premier degré. Notre corps étant à gestion nationale une représentativité locale a peu d’impact, reconnaît David. Cependant le recteur nous accorde déjà une vraie attention. Et de raconter comment le syndicat – en boycottant les réunions – l’a fait reculer alors qu’il voulait mettre en place un reporting mensuel et à heure fixe alors que les IEN ont besoin d’avoir « une ligne directe avec lui à chaque fois que c’est nécessaire ».

Signe de la singularité du SNCI-FO dans le paysage syndical de l’inspection, beaucoup de gens sont sensibles à notre discours et à notre analyse. indique David Megret évoquant les objectifs actuels du syndicat : Augmenter le nombre d’adhérents, être présents dans tous les départements et obtenir de bons résultats aux élections de décembre 2026. Le syndicat se joint ainsi à l’alerte confédérale sur des  services publics en danger, défend les corps, les statuts, s’inquiète de l’opacité persistante des promotions et des carrières en recul pour les inspecteurs, ou encore conteste des mesures, comme le dispositif, décidé par le ministère, d’évaluation d’établissements et d’écoles lequel, sans prouver son intérêt, augmente un peu plus encore la charge de travail de l’inspection.

Signe que le discours de FO est bien reçu par les inspecteurs, fonctionnaires de catégorie A : en décembre dernier, le SNCI-FO a organisé son deuxième congrès à Angers. Son bureau a été reconduit quasi à l’identique et  tout le monde prend sa part dans le syndicat, constate David, qui vise à se consacrer davantage à la communication syndicale, tout en continuant d’assumer sa mission d’IEN et à plein temps.

 Être vigilant par rapport à ceux qui nous dirigent

La rencontre avec FO date de son stage de formation IEN à Rouen. Il y fait la connaissance de militants d’ID-FO (syndicat des personnels de direction) et de la FNEC FP-FO. En discutant avec eux j’ai réalisé que le syndicat auquel j’adhérais alors votait parfois dans les instances nationales à l’opposé des volontés de ses adhérents. David rompt avec son affiliation et se rapproche d’ID-FO, prêt à accueillir des IEN et, comme la FNEC FP-FO, à aider à créer un syndicat FO des corps d’inspection. J’ai trouvé une profondeur d’analyse à la FNEC qui est importante pour moi, explique David Megret Je suis animé par un questionnement permanent sur ce qu’est l’école, quelle est sa place dans la société mais aussi comment le monde du travail est hiérarchisé. A présent je suis dans une organisation avec laquelle produire ces analyses est possible et qui permet de dire ce que l’on pense.

David, qui a toujours pensé qu’il fallait être vigilant par rapport à ceux qui nous dirigent construit donc avec patience et détermination le SNCI-FO. Le militant affiche une carrière forte de compétences multiples. L’océan Indien, il le découvre lors de son service national, effectué en VSN à Moroni (Comores). Il enseigne ensuite un an au lycée français de Barcelone, revient exercer quatre années dans la Drôme, avant de demander sa mutation pour La Réunion. Il y exerce alors comme professeur des écoles, coordinateur en zone d’éducation prioritaire, puis conseiller pédagogique. Titulaire d’un master Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation, il a aussi été formateur et même responsable de ce master à l’université de La Réunion.

Le refus de n’être qu’une courroie de transmission d’une politique

En tant que conseiller pédagogique, il a observé le travail des inspecteurs de l’Éducation nationale. J’y ai trouvé un intérêt. À commencer par celui de ne pas être violent à l’égard des enseignants. Comment pourraient-ils travailler sereinement auprès des enfants si eux-mêmes sont maltraités ? En 2020, il tente le concours et accède au recrutement. Si sa nouvelle mission lui plaît, ce qu’il vit au sein de l’institution ne le satisfait pas toujours. Comme ses collègues il éprouve un sentiment de déclassement, ressenti à tous les niveaux de l’Éducation nationale, ainsi que l’appréhension de n’être envisagé que comme la courroie de transmission d’une politique... C’est de plus en plus ce qu’on demande aux IEN : appliquer des procédures, les réformes successives et répondre à des injonctions parfois contradictoires. Nous perdons la main sur l’objet de notre travail et on nous demande de remplir des tâches déjà très séquencées. , observe-t-il. Désormais, le SNCI-FO est là pour défendre ces personnels et plus largement l’école publique.

Sandra Déraillot Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération