De nouvelles têtes pour l’Europe mais pour quelle politique ?

La lettre électronique @ ctualité Europe – International n°22 par Secteur Europe - International

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Après les élections européennes de mai dernier, les différentes institutions européennes sont appelées à voir changer leurs différents responsables. Pour un changement de politique, il faudra s’en remettre à la nouvelle Commission et poursuivre activement la diffusion des messages syndicaux en faveur d’un changement de cap contre l’austérité et pour un plan d’investissement de grande ampleur pour sauver les économies européennes. C’était le sens du discours de Bernadette Ségol secrétaire générale de la CES lors de la conférence des ambassadeurs réunie à Paris le 29 août [1] : « soyons conscients que ce n’est que dans l’harmonisation dans le progrès que s’enracine le soutien du monde du travail au projet européen. Soyons-en conscients avant que ce soutien ne fasse défaut et, avec lui, toute perspective d’Europe citoyenne. »

Les désignations sont l’objet de nombreuses tractations entre États. A nouveau réunis en Conseil européen le 30 août, les chefs d’État et de gouvernement ont désigné le premier ministre polonais Donald Tusk comme le successeur d’Hermann Von Rompuy au poste de président du Conseil européen. Il prendra ses fonctions en décembre pour un mandat de 2 ans et demi. A la tête de la diplomatie européenne, l’italienne Federica Mogherini succède à la britannique Catherine Ashton.

En juillet, après le vote du Parlement européen, le Conseil avait entériné la désignation de Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre du Luxembourg à la tête de la future Commission européenne. Juncker était le candidat présenté par le PPE, parti populaire européen, arrivé en tête du scrutin de mai. Chef de file des conservateurs, il était opposé au social-démocrate allemand Martin Schulz. Ce dernier a été réélu président du Parlement européen.

Juncker a présenté le 10 septembre la composition de la nouvelle Commission : en application des règles du Traité de Lisbonne, chaque pays membre présente un candidat pour un poste de Commissaire. L’ancien ministre des finances Pierre Moscovici a été présenté par le gouvernement français. Il sera en charge des affaires économiques dans la future commission donc de la surveillance budgétaire. L’Allemagne a obtenu le poste de Commissaire à l’économie numérique, la Royaume Uni celui des affaires financières. L’emploi et les affaires sociales reviendront à l’ancienne ministre belge Marianne Thyssen, dont la direction sera élargie à la formation et retrouvera des compétences qu’elle avait perdu en 2009 : la lutte contre les discriminations et l’égalité des chances. Autre nouveauté, la Commission disposera de plusieurs vice présidents, chacun aura la charge d’un pôle thématique. Ainsi, l’ancien premier ministre letton Valdis Dombrovskis sera chargé de l’euro et du dialogue social. Enfin, c’est la commissaire suédoise Cecilia Malmström (actuelle commissaire aux affaires intérieures) qui sera en charge du commerce et poursuivra les négociations transatlantiques.

Les futurs commissaires seront auditionnés par le Parlement européen avant leur entrée en fonction le 1er novembre prochain.

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