Protection Sociale

Dépendance : un petit budget, une petite réforme

, Françoise Lambert

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Le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement, qui doit être adopté d’ici à la fin de l’année pour une mise en œuvre au 1er janvier 2016, a pour ambition, dixit le gouvernement, « d’offrir aux personnes âgées les moyens de la plus large autonomie ». Or le projet, attendu depuis la canicule de 2003, a subi au fil du temps une cure d’amaigrissement.

Les personnes âgées en établissement pas concernées

Alors qu’il devait initialement englober la situation des personnes âgées vivant en établissement, il est au final exclusivement centré sur le maintien à domicile. « C’est une loi pauvre, donc c’est une pauvre loi », estime Didier Hotte, secrétaire général adjoint de l’Union confédérale des retraités FO. La mesure phare du texte est une revalorisation de l’Allocation personnalisée d’autonomie à domicile, concernant près de 700 000 personnes âgées, pour un montant annuel de 375 millions d’euros. Outre une amélioration de la prise en charge financière des aides à domicile, le projet prévoit des mesures sur le logement ou une reconnaissance accrue des aidants familiaux. Il sera financé, à hauteur de 645 millions d’euros par an, par une taxe sur les pensions des retraités imposables, la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie. « Nous refusons que le coût de la perte d’autonomie soit mis à la charge des retraités, indique Didier Hotte. Nous revendiquons la prise en charge globale, pérenne et solidaire de la dépendance dans le cadre de la Sécu, donc des droits pour tous et pas des aides sociales. »