Deux ans après le drame du Rana Plaza : le fonds de compensation aux victimes en manque de plusieurs millions de dollars

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°27 par Secteur Europe - International

Le 24 avril 2013, l’effondrement du Rana Plaza à Dhaka au Bangladesh causait 1 130 morts et plus de 2 000 blessés, mettant cruellement en lumière l’exploitation des travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le bâtiment du Rana Plaza accueillait cinq usines de confection textile qui fournissaient les grandes marques occidentales.

En janvier 2014, sous l’égide du Bureau International du Travail, un fonds de compensation pour les victimes du Rana Plaza était créé. 5 000 personnes devaient en bénéficier. Les multinationales du secteur textile devaient abonder ce fonds, sur une base volontaire, qu’elles se soient approvisionnées ou non sur le site du Rana Plaza.

Pourtant, aujourd’hui, deux ans après le drame, ces victimes attendent toujours leur indemnisation. Plusieurs millions n’ont pas été versés au fonds. Des multinationales françaises y ont participé. D’autres s’y refusent. De même, le processus d’inspection de la sécurité des usines fait preuve de lenteur, même si des inspections ont été menées. Le manque de moyens humains et financiers alloués à l’inspection du travail n’arrange pas la situation. Le Bangladesh, lors de la Conférence Internationale du Travail, devait répondre de la problématique de l’inspection du travail devant la Commission d’Application des Normes en juin 2014. Le rapport du Point de Contact National français sur la filière textile au Bangladesh, auquel FO a participé, y avait alors été mis en avant.

La question qui se pose clairement ici est celle du respect des droits de l’Homme et des droits fondamentaux au travail dans la chaîne d’approvisionnement mondiale et la responsabilité des multinationales en la matière. Les droits doivent primer sur l’avidité des multinationales.

En juillet 2015, un groupe de travail intergouvernemental se réunira aux Nations Unies pour la première fois pour élaborer un Traité international qui réglementera les activités des multinationales.

La Confédération Syndicale Internationale fait de ce point une de ses priorités, en lançant plusieurs actions et campagnes auxquelles FO participe activement. Une campagne sur le travail forcé est par exemple en cours, avec notamment la campagne contre le Qatar dans le cadre de la construction des stades de football pour la Coupe du Monde 2022. La question des chaînes d’approvisionnement sera notamment à l’ordre du jour de la Conférence Internationale du Travail en 2016.

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