Disparition d’André Bergeron : un syndicaliste dans le siècle

Revue de presse par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

Chantre de la négociation, André Bergeron savait, lorsqu’il le fallait, passer à d’autres modes d’action. © FO

André Bergeron, ancien secrétaire général de Force ouvrière (1963-1989), est décédé à l’âge de 92 ans dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 septembre à Belfort.

Le Nouvel Obs
Un demi-siècle dans le siècle : « Bergeron, 50 ans de combat pour l’indépendance syndicale. Acteur de la création de Force ouvrière en 1948, André Bergeron s’est vu offrir à plusieurs reprises un portefeuille ministériel. Il déclinera à chaque fois ». Indépendance, quand tu nous tiens.

Le Journal du Dimanche
« C’était l’homme du "grain à moudre". Figure du syndicalisme, André Bergeron s’est éteint hier à Belfort à l’âge de 92 ans. Secrétaire général de Force ouvrière de 1963 à 1989, il a marqué son époque, celle des avancées sociales et des accords de Grenelle en 1968. Celle de la croissance économique des Trente Glorieuses, qui offrit aux salariés des richesses à négocier avec le patronat ou le gouvernement. Le fameux "grain à moudre", donc, dont il fit le titre d’un livre ». Faut-il qu’il y ait semeur... « Le syndicaliste se trouve en première ligne lors des événements de 1968. Il se flatte alors d’avoir obtenu du patronat, dans la "pagaille" décrite par Georges Pompidou, que le Smic soit porté à trois francs alors que la CGT et Jacques Chirac, mandaté par le Premier ministre, s’étaient entendus sur 2,70 francs ». Sur le tard, son éditeur le présente comme le « père tranquille du syndicalisme ».

La Croix
Tranquille ? Pas tant que cela : « Ce fils d’un employé de la SNCF avait plongé dans le grand bain de l’action collective alors qu’il n’avait que 14 ans : apprenti dans une imprimerie de Belfort, il est happé par le Front populaire et les premiers congés payés, "quelque chose d’extraordinaire", a-t-il raconté dans ses Mémoires, parues en 2002 ».

Le Figaro
D’autres vont chercher qu’il aurait été « surnommé "le petit père du syndicalisme", militant socialiste au début de sa vie qui a participé, en 1936, aux luttes du Front populaire avant de basculer dans le syndicalisme pour, notamment, créer Force ouvrière en 1948 après une scission interne à la CGT entre les communistes et les réformistes ». On notera l’emploi du terme "basculer" et puis le dénichement de l’expression "petit père du syndicalisme", curieuse pour qualifier un anti-stalinien. Quoiqu’il en soit, « André Bergeron aura passé 26 ans à la tête de FO où il incarné un syndicalisme offensif, fidèle à la Charte d’Amiens de 1905 ».

Le Monde
Les hommages ont été nombreux : « Le président François Hollande a salué "un grand syndicaliste". "Durant toute sa vie, il incarna un syndicalisme offensif et réformiste, et participa à de nombreuses avancées sociales dans notre pays". André Bergeron "fut un militant infatigable et un défenseur acharné des conditions de vie des salariés. Il a marqué le syndicalisme français pendant plus de quarante ans, grâce à sa parole juste, simple et forte", a salué la maire de Lille, Martine Aubry », ajoutant qu’il « avait fait de la négociation collective son cheval de bataille ». Un combat qui continue.

La Dépêche
« Les militants et militantes FO sont dans la peine », a déclaré FO. « André Bergeron le grand négociateur aura profondément marqué la vie sociale et économique, pendant une période où de nombreux progrès et acquis sociaux ont été obtenus par la négociation collective ».

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