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Donner une véritable place aux retraités et enrayer la baisse de leur niveau de vie

, Françoise Lambert

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Colloque « Les retraités dans la société », organisé au Cese, à Paris, le 13 janvier 2017. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Les retraités préparent une mobilisation prévue le 30 mars.
Neuf de leurs organisations syndicales, dont l’UCR FO, organisaient un colloque le 13 janvier au Conseil économique, social et environnemental.

Les retraités ne seraient-ils qu’un fardeau économique ou un problème médico-social en lien avec le vieillissement ? Vendredi 13 janvier, un colloque à l’initiative du « Groupe des neuf », dont fait partie l’Union confédérale des retraités FO (UCR FO), est venu s’inscrire contre ces idées reçues.

Au centre des débats, qui ont rassemblé près de deux cent cinquante personnes au Conseil économique, social et environnemental (Cese) à Paris autour d’un économiste, d’un sociologue et de plusieurs syndicalistes : la place des 15,6 millions de retraités dans la société et le combat contre la baisse de leur pouvoir d’achat.

Aujourd’hui, la retraite signe une nouvelle phase de vie, en moyenne une vingtaine d’années à vivre en bonne santé, avec une espérance de vie de 28 ans pour les femmes et de 22 ans pour les hommes. Mais c’est un peu comme si cette évolution était restée invisible, a estimé Bernard Ennuyer, sociologue (lire interview).

Les femmes davantage pénalisées

Près de 10 %

C’est la part des retraités dont le niveau de pension les situe en dessous du seuil de pauvreté.

Le chercheur a également fait valoir la grande hétérogénéité de la population des retraités. Du point de vue de l’emploi – certains travaillent encore par goût, d’autres parce qu’ils n’ont pas le choix –, de l’activité, mais aussi des revenus. Une femme touche ainsi une retraite moyenne de 1 200 euros et un homme de 1 750 euros. Les réformes depuis 1993 ont davantage pénalisé les femmes, qui ont des carrières plus courtes que les hommes et travaillent plus souvent à temps partiel, a rappelé Marylène Cahouet (FSU-Retraités).

Près de 10 % des retraités se situent en dessous du seuil de pauvreté. Au-delà des effets des contre-réformes, les retraités ont été pénalisés par des mesures fiscales défavorables et par le gel des pensions depuis trois ans.

Si l’écart entre le revenu moyen des actifs et celui des retraités a eu tendance à diminuer ces dernières années, notamment en raison d’une baisse des revenus des actifs, Guillaume Duval, économiste et rédacteur en chef du magazine Alternatives économiques, a indiqué que le taux de remplacement entre le salaire et la retraite allait baisser de 14 points en France. Il a en outre souligné les inégalités énormes entre retraités, en terme de patrimoine : Si de nombreux retraités sont propriétaires de leur logement, ceux qui sont locataires ont un taux d’effort supérieur aux actifs, a-t-il indiqué.

Didier Hotte, pour l’UCR FO, a appelé à élargir la mobilisation et à faire entendre la voix des retraités. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Didier Hotte (UCR FO) a appelé à élargir la mobilisation et à faire entendre la voix des retraités. Sur leurs principales revendications, dont l’indexation des pensions en fonction de la hausse des salaires et non de celle des prix, le maintien et l’amélioration des pensions de réversion, ou encore un revenu minimum de retraite égal au Smic pour une carrière complète. 

Voir en ligne : Les photographies du colloque sont disponibles sur le compte Flickr de FO

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...

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