Dumping social : mobilisation en Belgique

Europe par Evelyne Salamero

Ce vendredi 24 mars 2017, la FGTB organise sa première journée d’action nationale contre le dumping social.

Trois jours après une manifestation massive contre l’austérité à l’appel des trois syndicats belges, la confédération FGTB (socialiste) appelle aussi à un rassemblement ce 24 mars à Bruxelles pour que tous les travailleurs européens soient traités de la même façon indépendamment de leur lieu de travail.

Ce n’est certainement pas un hasard. Le rassemblement contre le dumping social auquel appelle la FGTB va avoir lieu à la veille du 60e anniversaire du traité de Rome.

A cette occasion, et dans le cadre de la campagne de la CES (Confédération européenne des syndicats) pour une augmentation des salaires, la FGTB a décidé de redonner toute sa vigueur au slogan A travail égal, salaire égal !.

Pour des « mesures fortes » aux niveaux national et européen

La concurrence déloyale met en péril les emplois, les salaires et la sécurité de tous les travailleurs. Les travailleurs belges sont mis sur la touche et les travailleurs étrangers exploités, dénonce l’organisation syndicale belge qui veut des mesures fortes de la part du gouvernement belge comme de l’Union européenne.

Son objectif est d’aboutir à une harmonisation vers le haut des conditions salariales décentes et des régimes de sécurité sociale.

La FGTB met notamment en avant le besoin de renforcer la réglementation au niveau européen, pointant les insuffisances de la directive européenne sur le détachement des travailleurs mais aussi de la révision qui en est proposée par la Commission européenne.

Elle souligne ainsi la nécessité de limiter la durée d’un détachement à six mois maximum et non à deux ans, et que le secteur de l’intérim, propice aux mécanismes frauduleux, soit exclu du champ du détachement.

Pour des cotisations sociales au taux du pays d’accueil

La FGTB rappelle également que —toutes— les conditions de travail du pays d’accueil devraient être appliquées au travailleur détaché, y compris celles prévues dans les conventions collectives non étendues, contrairement, là encore, à ce que prévoit la réglementation européenne actuelle.

En finir avec le dumping social exige aussi, insiste la centrale syndicale belge, de faire payer les cotisations de sécurité sociale sur le salaire des travailleurs détachés au taux du pays d’accueil, avec rétrocession au pays d’origine via les organismes de sécurité sociale nationaux pour s’assurer de la bonne perception de ces cotisations.

Du gouvernement belge, la FGTB attend notamment que les services d’inspection disposent de moyens et d’effectifs suffisants pour assurer la bonne application des conditions de travail.

Un rassemblement sur fond de contexte social tendu

Ce rassemblement contre le dumping social intervient dans un contexte social déjà tendu en Belgique.

Le 21 mars, plus de 15 000 personnes ont manifesté à Bruxelles à l’appel de la FGTB et des deux autres organisations syndicales belges, la CSC (confédération des syndicats chrétiens) et la CGSLB (libérale) pour défendre les services publics et s’opposer à l’austérité.

De plus, outre les conséquences de la loi travail belge adoptée le 1er février qui inverse la hiérarchie des normes en matière de temps de travail en faveur de l’entreprise, ( la dite loi Peeters à laquelle la FGTB continue de s’opposer), les salariés belges doivent également affronter maintenant un projet de réforme du financement de la sécurité sociale estampillée du sceau de l’austérité.

Après la loi travail, la sécurité sociale et la liberté de négociation des salaires maintenant en danger

La dotation d’équilibre versée par l’État, censée compenser les exonérations accordées aux employeurs au fil du temps, ne serait plus garantie mais désormais soumise à conditions : les différentes branches de la sécurité sociale (maladie, retraites…) devraient prouver qu’elles ont suffisamment contribué aux économies budgétaires décidées par le gouvernement pour en bénéficier.

Enfin, pour ne rien arranger, une loi visant à encadrer strictement les salaires a été adoptée par la majorité des députés le 9 mars dernier, augurant de nouvelles tensions dans les négociations à venir.

© FGTB

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

Sur le même sujet

Manifestation nationale pour la justice sociale

Belgique par Secteur Europe - International

10 000 manifestants se sont rassemblés dans les rues de Bruxelles ce 7 octobre, à l’appel de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB, pour la justice sociale. Les confédérations syndicales dénoncent l’accumulation de mesures anti-sociales prises par le Gouvernement – avec dernièrement le « tax shift » (réduction des cotisations sociales compensée par un relèvement de nombreuses taxes notamment une hausse de la TVA sur l’électricité de 6% à 21%).

Belgique : front commun syndical contre la retraite par points

Europe par Secteur Europe - International

Le 19 décembre, les syndicats belges FGTB, CSC et CSLB organisés en « front commun » appelaient à manifester contre la réforme des pensions. Depuis l’arrivée aux affaires du gouvernement Michel en 2015, une vaste réforme menée en plusieurs étapes est engagée en Belgique autour de quelques grands principes : allongement de la durée effective des carrières, valorisation des périodes de travail au détriment des périodes d’inactivité, harmonisation des régimes salariés, fonctionnaires et indépendants ou encore promotion des régimes complémentaires.

Belgique : 70 000 manifestants contre la retraite par points

Europe par Evelyne Salamero

Ils étaient deux fois plus nombreux que lors de la précédente manifestation en décembre dernier. Fonctionnaires, salariés du privé, étudiants… Quelque 70 000 personnes ont défilé dans les rues de Bruxelles mercredi 16 mai, à l’appel des trois confédérations syndicales belges (FGTB, CSC et CGSLB) pour exprimer leur refus des réformes des retraites, celle de 2016 qui a programmé d’ici 2030 le report à 67 ans de l’âge légal de cessation d’activité, et celle, encore à l’état de projet, qui vise à instaurer un système de retraite à points à partir de 2025.