Editorial de Philippe Pihet, Secrétaire généra de l’UCR-FO : « La dépendance des retraités »

La Lettre de l’UCR-FO n°104 par Philippe Pihet, Union Confédérale des Retraités-FO

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Depuis maintenant plus d’un an, le gouvernement a lancé une concertation sur une réforme dite systémique de la retraite.

Les nombreuses communications de la Confédération confortent les camarades sur le refus d’une réforme de plus, qui sur le fond n’apportera que réduction future pour les actifs d’aujourd’hui.

Les retraités actuels seraient donc « épargnés » ?

Rien de moins sûr ! La question des pensions de réversion n’est toujours pas éclaircie, la réversion n’intervient qu’à la suite du décès du conjoint, comment imaginer une différence de réversion selon la date de départ en retraite ? Les retraités d’aujourd’hui ont fait des choix de vie qu’ils ne peuvent plus modifier ; ils sont dépendants de la législation future.

Ce qui se dessine pour les futures réversions serait un « maintien du niveau de vie » a minima à 66%. à première vue, le chiffre 66 est supérieur à 60, donc pourquoi pas ? MAIS il s’agit là d’un pourcentage des revenus additionnés des deux personnes.

Dans de nombreux cas, ce calcul sera néfaste au conjoint survivant, lui attribuant finalement un droit à réversion inférieur à ce qui existe aujourd’hui. Quant à plafonner ce droit à réversion, c’est plonger le survivant dans la dépendance économique.

Le sujet de la perte d’autonomie est tout aussi important, même s’il ne concerne pas la réforme de la retraite. Quoique..., le gouvernement explique, de manière en apparence incontrôlée, que la dépendance doit être financée par un allongement de la durée d’activité, voire un recul de l’âge légal.

Depuis quand (la réponse est Mai 2017) un membre du gouvernement exprime « à titre personnel » une opinion ?

Nous abordons ici un sujet majeur : imaginer que la perte d’autonomie doit être financée par les retraités relève de la faute technique et politique.

Techniquement, réduire le nombre de personnes qui cotisent à un risque est contraire à tout principe de mutualisation, à commencer par le fondement de la sécurité sociale, où chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Politiquement, faire passer l’idée que la perte d’autonomie est une étape de la vie, c’est stigmatiser les seniors et ignorer que cette perte d’autonomie peut toucher à tout âge, que ce soit à travers des accidents, de manière temporaire, ou plus durablement à travers un handicap. La seule réponse possible est l’institution d’une cotisation sur les revenus, du travail comme du capital, pour abonder un cinquième risque de la Sécurité sociale. Force Ouvrière est favorable à des ressources spécifiques affectées à la Sécurité sociale par une cotisation ayant une assiette comparable à celle de la CRDS.

Les solutions de journée supplémentaire « gratuite », comme l’augmentation de la CASA, doivent être écartées. Sans quoi les retraités, dans un cas comme dans l’autre, seraient définitivement dépendants des solutions financières prises à leur encontre.

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