Elections chez Rhonéa : « Il faut montrer les dents plus souvent qu’avant »

Portrait par Clarisse Josselin

L’équipe FO de Rhonéa presque au complet avec, de gauche à droite, Philippe Raspail, Laurent Bouvet et Nicolas Sellier.

Avec 95 % des voix, FO a été plébiscitée lors des élections mi-avril chez Rhonéa, une cave coopérative vinicole du Vaucluse. Laurent Bouvet, 40 ans, est déterminé à défendre les droits des salariés.

Manager d’une équipe de vente dans la boutique de Beaumes-de-Venise, Laurent Bouvet est titulaire du siège des cadres et assimilés. C’est en 2008, après avoir rencontré Hervé Proksch, secrétaire général du syndicat FO agriculture du Vaucluse, qu’il a adhéré à FO. J’avais déjà été spectateur de négociations et je voulais me présenter aux élections, mais je souhaitais me former et ne pas faire les choses à moitié. Les valeurs de FO, indépendance, fermeté et respect de l’outil de travail, m’ont plu. 

2 000

C’est la superficie, en hectares, des vignes réunies au sein de la cave coopérative Rhonéa.

Le syndicat était déjà implanté dans l’entreprise. Lorsque les anciens sont partis à la retraite, il a repris le flambeau. La nouvelle équipe est assez populaire, explique-t-il. On a une ligne directrice bien tracée, avec des gens volontaires pour affirmer des valeurs sans détruire l’outil de travail. Comme ça, petit à petit, on fait passer des choses. 

Fusion de deux caves, situées à Vacqueyras et Beaumes-de-Venise

L’entreprise Rhonéa, qui regroupe 200 vignerons et emploie 45 salariés, est née en juin 2017 de la fusion de deux caves situées à Vacqueyras et Beaumes-de-Venise. Un rapprochement douloureux, assorti de licenciements, de mobilité et de perte d’acquis sociaux. Désormais, l’heure est à la négociation sur le temps de travail. Le sujet est primordial, on ouvre le dimanche, les jours fériés et les saisons touristiques, explique Laurent. FO, qui a raflé les quatre sièges au conseil social d’entreprise, revendique notamment une prime dominicale ou la possibilité de prendre une semaine de congés en juillet ou en août.

Depuis son embauche en 1999,il constate une dégradation de l’ambiance de travail. C’est devenu beaucoup moins familial et ça marche moins sur la confiance. Maintenant, on a une pointeuse, on nous parle rendements et politique du chiffre. Il faut montrer les dents plus souvent qu’avant. 

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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