Communiqué de FO

Emploi des jeunes : Force Ouvrière s’étonne du contenu du rapport de la Cour des Comptes

, Michel Beaugas

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«  Cour des comptes Paris entrée  » par TouNTravail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

La Cour des comptes vient de publier un rapport thématique intitulé « L’accès des jeunes à l’emploi : construire des parcours, adapter les aides ».

Ce rapport apporte des éléments d’information intéressants notamment sur le nombre de jeunes dans les dispositifs de la politique publique de l’emploi ainsi que sur les engagements financiers. A cet égard, ce document sera certainement utile à la concertation lancée le mois dernier par le ministère du travail suite aux engagements pris par le Premier ministre vis-à-vis des organisations de jeunesse en avril.

Pour autant FO s’étonne que cette instance, chargée de contrôler le « bon emploi et la bonne gestion des fonds publics », aille jusqu’à faire des recommandations en termes de parcours d’accompagnement, de volume et de durée des contrats aidés, ou encore de gouvernance locale sur l’admission et le suivi des jeunes dans les dispositifs.

FO rappelle que, dans le contexte actuel, les contrats aidés et notamment les emplois d’avenir restent indispensables et doivent être d’une durée suffisamment longue pour que le salarié puisse se stabiliser dans sa vie personnelle et construire son parcours professionnel, notamment via l’obtention d’une qualification.

FO s’oppose également à ce qui pourrait s’apparenter à des éléments de décentralisation de la politique de l’emploi, de ses dispositifs et de leurs mises en œuvre.

Enfin, FO trouve particulièrement hors de propos la recommandation de la Cour des comptes selon laquelle il faudrait « mettre en place un contrôle de l’assiduité pour tout dispositif comportant le versement d’une allocation » comme si les bénéficiaires n’avaient jusque-là aucune obligation.

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Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...