Communiqué de FO

Emploi : Légère amélioration mais une précarisation qui perdure

, Michel Beaugas

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Les chiffres du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi viennent de paraître.

Au total, pour toute la France (DOM incluses), on recense ce mois 6 573 100 personnes inscrites à Pôle emploi, toutes catégories confondues, un chiffre qui recule légèrement de 0,6% sur un mois. En ce sens, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A régresse légèrement en reculant de 1,9% sur un mois pour cette catégorie.

Si l’on regarde le détail des chiffres en revanche, cette amélioration bénéficie surtout aux demandeurs d’emploi de moins de 25 ans (-5,3% sur un mois) mais très peu aux 50 ans et plus (-0,2% seulement sur cette période). FO y voit là l’amorce des signes d’une catastrophe pour les demandeurs d’emploi seniors, ces derniers n’étant pas concernés par les reprises d’emplois même précaires.

En outre, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories B et C (exerçant une activité réduite courte ou une activité réduite longue) augmente de 1,4% sur un mois, un chiffre confirmé par une nette évolution sur 3 mois : +2,7% pour la catégorie B et +5,1% pour la catégorie C ! Ces chiffres attestent d’un enracinement de la précarisation des demandeurs d’emploi, exerçant une activité un nombre réduit d’heures dans le mois mais sans accéder à un emploi de qualité. La précarisation est particulièrement flagrante si on regarde le nombre d’heures travaillées pour ces catégories sur le mois écoulé : +5% de moins de 20 heures !

Ces éléments font la démonstration s’il le fallait de la nécessité de la mise en place d’un système de bonus/malus sur les contrats de travail de courte durée, tel que le propose FO. Démonstration également de la nécessité d’un changement de politique économique.

Bien sûr, si l’on peut croire à une amélioration légère de la situation de l’ensemble des demandeurs d’emploi (-38 000) sur le mois écoulé, les chiffres dévoilés ce jour révèlent aussi une augmentation de +1% de demandeurs sur un an (+54 700 inscrits) !

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Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...