Congrès d’UD

En Polynésie, Patrick Galenon reprend la tête du CSTP-FO

, Clarisse Josselin

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Le VIIIe congrès de la Confédération des syndicats des travailleurs de Polynésie CSTP-FO s’est tenu le 9 août à Taaone, sous la présidence de Béatrice Clicq, avec 160 participants. Patrick Galenon a été élu secrétaire général pour un cinquième mandat.

C’est dans un mandat un peu inattendu que se lance Patrick Galenon, élu à la quasi-unanimité – moins une abstention - du VIIIe congrès de la CSTP-FO au poste de secrétaire général pour les deux ans à venir. Il avait déjà occupé ces fonctions entre 2004 et 2017, avant de partir en retraite.

Son prédécesseur à ce poste, Angélo Frébault, qui avait été élu en juin 2017, a décidé de se tourner vers une carrière en politique, hors de l’organisation FO. Il a démissionné de ses fonctions mi-mai 2018. Depuis, Patrick Galenon assurait l’intérim, dans une période un peu agitée.

J’avais bien préparé ma retraite mais j’en suis sorti et ma famille a accepté le principe, reconnaît-il. Il fallait apaiser la situation et retrouver la sérénité. Nous sommes le premier syndicat de Polynésie. J’espère que des jeunes vont prendre le relai, et retrouver un successeur dans deux ans.

Pour l’heure, l’un des dossiers les plus urgents concerne la réforme de la Protection sociale généralisée (PSG) qui regroupe la retraite, la santé et la famille. La Polynésie française, collectivité d’outremer de 276 000 habitants, est autonome en matière de protection sociale.

Forte mobilisation contre la réforme des retraites

Si les syndicats sont unanimes sur la nécessité d’une réforme, ils souhaitent que celle-ci porte sur l’ensemble de la PSG et pas seulement sur la retraite. En mars dernier, l’exécutif local, suite à une décision unilatérale, avait tenté de faire passer à l’Assemblée un projet de loi prévoyant une hausse de la durée des cotisations et un report de l’âge légal du départ en retraite. Une forte mobilisation à l’appel d’une intersyndicale avait contraint les autorités à retirer le texte. Depuis, une consultation a été relancée. Mais l’exécutif souhaite toujours présenter un texte à l’assemblée avant fin septembre.

Il manque trois milliards de francs pacifique [25 millions d’euros, NDLR] pour équilibrer la caisse. Si le Pays ne venait pas prendre des sous pour la solidarité, la caisse de retraite gérée par les organisations syndicales et patronales serait à l’équilibre, précise Patrick Galenon.

Des économies possibles sur la maladie

Il existe en Polynésie française un minimum vieillesse de 80 000 francs pacifique [environ 700 euros, NDLR]. Tout le monde en bénéficie, même ceux qui n’ont pas travaillé, ajoute-t-il. Mais dans ce cas, c’est à la solidarité de payer, donc au territoire, et pas à la caisse de retraite. La bataille n’est pas gagnée. Les différents gouvernements ne prennent pas la mesure des enjeux et le minimum vieillesse augmente à chaque élection. J’ai rencontré les collègues des quatre gros syndicats et nous avons la même philosophie, nous allons partir contre la nouvelle PSG.

Le secrétaire général estime que des économies peuvent encore être faites sur la maladie, notamment avec les médicaments génériques ou la mise en place d’un médecin référent. En 2010, il avait été rapporteur d’un rapport du Conseil économique, social et culturel (CESC) sur la réforme de PSG. Nous avions fait 109 recommandations, explique-t-il. Le territoire en a réalisé 27%, ce qui a permis d’économiser 6 milliards de francs pacifique [50 millions d’euros, NDLR]. S’il applique toutes les recommandations, on peut en trouver encore autant.

Autre sujet d’actualité, la préparation des élections dans la fonction publique, même si le scrutin, qui était imminent au niveau territorial, vient d’être repoussé, peut-être d’un mois.

 

Béatrice Clicq, Secrétaire confédérale, et Patrick Galenon, Secrétaire général de l’UD FO de Polynésie française.