Communiqué de FO

Être ou ne pas être réac’ : Telle est la question iconoclaste

, Serge Legagnoa

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© Richard DAMORET/REA

Alors que le projet de budget pour la Sécu est actuellement en cours d’amendement à l’Assemblée nationale, Force Ouvrière s’étonne de la caricature faite de l’ensemble des professionnels de santé. Après la mise en cause de leur éthique au sujet des arrêts maladie, voici l’amendement qualifié d’innovant, iconoclaste, consistant à créer un forfait de réorientation vers la « ville » des personnes se présentant aux urgences hospitalières, et issu d’un milieu bien éloigné du terrain, incapable de se rendre compte de l’absurdité d’une telle proposition.

Au-delà des nombreuses critiques pertinentes déjà communiquées, Force Ouvrière rappelle un fait : quand bien même l’on chercherait à désengorger les urgences en les incitant financièrement à renvoyer ailleurs des patients se présentant chez elles, l’établissement se retrouverait malgré tout pénalisé, par ailleurs, puisqu’il demeure sous la coupe budgétaire de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), un objectif de dépenses fixé en deçà des besoins en santé et en grande partie à l’origine de l’absurdité de notre modèle de tarification des soins. L’avis récent du Comité d’alerte des dépenses d’Assurance maladie nous ramène toujours à cette dure réalité que la santé est avant tout une question non pas humaine mais budgétaire.

Force Ouvrière est véritablement iconoclaste : elle condamne l’hégémonie de la question économique en santé, érigée en dogme auquel nous devrions tous nous soumettre. La souffrance des soignants est réelle et la dégradation des conditions d’exercice continue : c’est la qualité du travail, donc des soins qui en pâtit, qui conduit et conduira encore trop souvent à des situations dramatiques. Pour FO, l’occasion est unique de pouvoir améliorer les conditions de travail, donc d’exercice, des professionnels de santé et améliorer durablement notre système de santé. Choisir de rembourser la dette de l’État au lieu d’investir dans la santé, est doublement irresponsable, et nous en paierons tous les conséquences à terme.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Serge Legagnoa

Secrétaire confédéral au Secteur de la Protection Sociale Collective


  • Protection sociale collective et Sécurité Sociale
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Éphéméride

18 janvier 1803

Mort de Sylvain Maréchal
Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de (...)

Fils d’un marchand de vin, Pierre-Sylvain Maréchal suit des études de droit et devient avocat à Paris. A l’âge de 20 ans il publie Bergeries, un recueil d’idylles, dont le succès lui vaut d’obtenir un emploi de sous-bibliothécaire au collège Mazarin dont il retirera une grande érudition. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et développe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Ses critiques du pouvoir absolu (Livre échappé du déluge, 1784) et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses oeuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints, des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.
Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Son article de février 1791, « Des pauvres et des riches », où il évoque « dans toute son ampleur le problème social qu’il n’avait abordé jusqu’ici que sous une forme sentimentale et morale » (Dommanget) s’inscrit dans la lutte entre royalistes et républicains. Dans la lutte entre Girondins et Jacobins, il ne prend partie pour l’un ni l’autre. Il montre son scepticisme sur le cours pris par la révolution dans son livre Correctif à la Révolution. Après la chute de Robespierre, il s’approche des Conjurés de Babeuf et rédige le Manifeste des Égaux, où il montre les hommes dupés par les belles paroles des politiciens ambitieux, les nouveaux tyrans assis à la place des anciens : « Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés ». C’est à cause de cette phrase que le Comité directoire secret des Conjurés refuse de publier le manifeste. Le manifeste prône encore une fois la communauté des biens, c’est-à-dire la terre. Son originalité réside, selon Dommanget, dans « la double réunion du principe révolutionnaire et de l’idée communiste au mouvement de la masse laborieuse ». Ses écrits n’étant pas signés, Maréchal échappe aux poursuites judiciaires contre les Conjurés, et continue de publier jusqu’à sa mort survenue le 18 janvier 1803.