Consommation

Eviter les cancers de la peau

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La pratique du bronzage artificiel est encadrée en France depuis 1997, notamment l’utilisation des appareils de bronzage est interdite aux mineurs ; la réglementation impose la réalisation de contrôles techniques des appareils tous les deux ans et une formation des professionnels mettant à disposition les appareils de bronzage au public ainsi que l’information du consommateur sur les potentiels risques pour la peau et les yeux liés à l’exposition aux UV artificiels.

A la suite du classement des UV artificiels comme cancérogènes certains pour l’homme par le centre international de recherche contre le cancer en 2009, l’encadrement de la pratique du bronzage artificiel a été renforcé en 2013 avec le décret n° 2013-1261 du 27 décembre 2013, et ses deux arrêtés d’application du 20 octobre 2014, l’un sur le renforcement des contrôles des appareils et des établissements, et l’autre sur le renforcement de l’information des consommateurs sur le risque sanitaire.

L’article 21 de la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 est venu compléter ce dispositif, notamment en introduisant l’interdiction de toutes pratiques commerciales relatives à la pratique du bronzage artificiel (offres promotionnelles, tarifs préférentiels…). Le décret n° 2016-1848 du 23 décembre 2016 et l’arrêté du 29 juin 2017 ont renforcé les exigences de formation des professionnels mettant ou participant à la mise à disposition des appareils de bronzage.

Le 17 novembre 2016, dans son avis, the Scientific Committee on Health, Environmental and Emerging Risks, comité d’expertise de la Commission européenne, a conclu qu’en raison des effets cancérigènes de l’exposition aux appareils de bronzage et de la nature des cancers de la peau induits, il n’existe pas de limite en-dessous de laquelle les rayonnements UV des appareils de bronzage seraient sans danger.

L’avis du 30 juillet 2018 de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a confirmé et consolidé les connaissances scientifiques sur les dangers des rayonnements UV artificiels et incite à agir pour protéger la population.

L’ANSES a recommandé notamment aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures de nature à faire cesser l’exposition de la population générale aux UV artificiels à des fins esthétiques.

Le gouvernement a pris acte de ces derniers avis d’expertise... et ne fait rien au nom des conséquences sociales et économiques qu’aurait une interdiction de cette pratique.

C’est la seconde fois pourtant qu’un avis de cet ordre demande la remise en cause de l’exploitation de ce genre d’activités qui ont un impact sanitaire majeur sur les utilisateurs.

Ainsi à titre d’exemple, selon l’étude précitée, une seule exposition avant l’âge de 35 ans augmente de 60 % la probabilité de développer un cancer de la peau. De plus, selon une étude de 2010 conduite par Sharon Danoff-Burg et Catherine E. Mosher sur des jeunes à l’université, entre 5 et 30 % d’entre eux présentent des réflexes d’addictions à cette pratique.

Pour l’AFOC, l’argument économique ne peut justifier la mise en danger des citoyens. Des pays comme l’Australie et le Brésil ont déjà fait voter l’interdiction du recours aux cabines de bronzage. Il est urgent d’interdire le bronzage artificiel.

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