[Exposition] Uderzo, comme une potion magique

Culture par Christophe Chiclet, L’Info Militante

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Le musée Maillol rend un vibrant hommage au père d’Astérix et d’Obélix, tout en retraçant la très longue carrière de ce dessinateur de talent qui fut l’auteur de bien d’autres BD, en dehors des petits gaulois.

Albert ne mesurait pas la réalité de son parcours, l’incroyable arc qui lui avait permis de partir d’un point zéro pour atteindre les étoiles, ont écrit Ada et Sylvie Uderzo, sa femme et sa fille dans la présentation de cette exposition. Ses amis l’appelaient le Walt Disney de la rue de Montreuil.

Clin d’œil de l’histoire et à tous les racistes, les pères des aventures de ces gaulois, personnages préférés de nombre de Français, étaient un Juif roumain (René Goscinny) et un Italien (Albert Uderzo).

La commissaire de l’exposition, Sylvie Uderzo, présente 300 œuvres originales et des documents personnels pour certains inédits. L’exposition affiche les planches du dessinateur de façon chronologique : Capitaine Marvel (1950), Oumpah-Pah (1957), Tanguy et Laverdure (1966), pour finir en apothéose avec les Aventures d’Astérix le Gaulois. Astérix, c’est 32 albums (38 en tout avec les nouveaux auteurs), 380 millions d’exemplaires traduits dans une centaine de langues et dialectes. Sans oublier cinq films avec Clavier, Depardieu, Delon, Luchini…

Une carrière exceptionnelle

De parents italiens immigrés, il est né le 25 avril 1927 à Fismes dans la Marne. Dès 1946-1947, il publie ses premières planches dans le magazine O.K., Arys Buck et son épée magique, une fantaisie médiévale. Le jeune homme a déjà un sacré coup de crayon.

En 1948, il devient reporter-dessinateur à France Dimanche, croquant l’actualité. Puis il passe à France Soir. En 1951, il rencontre deux jeunes scénaristes (Charlier et Goscinny). L’aventure peut commencer. En 1955, tous les trois fondent un syndicat qui s’efforce de défendre les droits, alors peu ou pas reconnus, des dessinateurs de BD.

En 1958 avec Goscinny, il publie dans le journal Tintin les aventures du petit indien rebelle Oumpah-Pah. L’année suivante, ils rejoignent l’hebdomadaire Pilote où ils publient les premières planches d’Astérix. Les auteurs se moquent avec humour des singularités des Français et de leurs voisins. Le succès est immédiat. En même temps, Uderzo lance avec Charlier les Aventures de Tanguy et Laverdure, deux pilotes de chasse de Mirage, qu’il dessinera jusqu’en 1966.

Cette année-là Astérix chez les Bretons se vend à 600.000 exemplaires en seulement deux semaines. Une première dans le monde de l’édition pour une BD. L’Express en fait même sa Une : Le Phénomène Astérix.

En 1977, Goscinny meurt d’une crise cardiaque. Uderzo décide de poursuivre seul l’aventure de 1980 à 2005. Le succès continue. En 1996, La galère d’Obélix se vend à 3 millions d’exemplaires (uniquement en français) en trois mois. Il avait alors créé sa propre maison d’édition (Albert-René) qu’il vend en 2008 au groupe Hachette.

En 2011, il pose son crayon, mais souhaitant que nos deux Gaulois ne meurent pas, il confie, non sans hésitation, le scénario à Jean-Yves Ferri et les dessins à Didier Convard, qui ont su rester très fidèles à l’esprit des pères fondateurs. Albert Uderzo est décédé le 24 mars 2020 à Neuilly-sur-Seine.

Au musée Maillol jusqu’au 30 septembre 2021, 59-61 rue de Grenelle, 75007 Paris, au rdc et 1er étage.
Tous les jours de 10h30 à 18h30.
Réservation et pass sanitaire obligatoires.
Renseignements : 01 42 22 59 58.
https://www.museemaillol.com/expositions/uderzo-comme-une-potion-magique/

Christophe Chiclet Journaliste à L’inFO militante

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