Filmer le travail : l’édition 2018 déroule la mécanique

Culture par Michel Pourcelot

La 9e édition de cet évènement d’un genre unique en France se tiendra comme chaque année à Poitiers, du 2 au 11 février, avec pour principal thème la relation entre l’homme et les machines. Et tout cela n’est pas que du cinéma, rencontres, projections-débats et conférences y sont organisées.

Le Festival « Filmer le travail » est en effet beaucoup plus qu’un évènement cinématographique. Au-delà des films de tous formats, il propose pendant dix jours, des rencontres entre professionnels de l’image, artistes, chercheurs, acteurs du monde du travail et public. Cela autour d’une programmation qui mêle cinéma, littérature, musique, conférences et grands débats de société. La relation entre le travail et les machines étant au cœur de cette 9e édition, le festival débutera avec une conférence inaugurale de Dominique Méda, la sociologue et inspectrice générale des affaires sociales qui s’est montrée très critique envers les ordonnances « Macron », notamment pour la vision réductrice du travail et des syndicats qui les fondent. Suivront une journée d’étude en partenariat avec l’OIT intitulée Ce que le numérique fait au travail, une table ronde sur les troubles musculo-squelettiques ainsi qu’une exposition d’affiches de prévention des risques avec l’INRS, l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des maladies professionnelles et des accidents du travail. Les films en rapport avec cette thématique iront de l’industrialisation et la mécanisation des Temps modernes de Charlie Chaplin à la robotisation dans Alice cares de Sander Burger.

« Pocket films »

Pour cette édition 2018, le Japon est le pays mis en exergue à travers des films, certains rares, et une... soupe japonaise proposée autour de Tampopo, une comédie tout aussi nippone. Le festival est aussi une compétition internationale qui est l’occasion de visionner des films et documentaires peu ou pas diffusés. Cette année, ce sont 20 films documentaires récents, courts et longs métrages, répartis sur 11 séances thématiques. Provenant des quatre coins du monde (Argentine, Chine, Inde, Nicaragua...), ils sont à découvrir en présence de leurs réalisateurs et/ou d’intervenants. On retrouvera aussi le concours « Filme ton travail ! », ouvert aux non-professionnels, qui valorise les œuvres courtes et très personnelles, de type « pocket films », c’est-à-dire tournés avec des moyens non professionnels (téléphone portable, appareil photo, mini caméra, etc.) et concernant tous les genres, de la fiction, expérimental, clip, stop motion, portrait, interview, etc. Amateurs, vous pouvez dès maintenant vous mettre au travail.

Festival « Filmer le travail », 2-11 février, Poitiers (divers lieux).
Plus d’informations sur le Net à l’adresse : http://filmerletravail.org

Michel Pourcelot Journaliste

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