Finances Publiques : journée d’action pour la défense des effectifs et des missions

Emploi et Salaires par Valérie Forgeront, journaliste L’inFO militante

Mobilisation à Lille le 17 octobre 2016.

En amont de la journée de grève nationale programmée le 15 novembre prochain, trois syndicats dont FO organisent ce lundi 17 octobre des actions de blocage de sites de la DGFIP (finances publiques) dans plusieurs villes. Les personnels demandent l’arrêt des suppressions d’effectifs et contestent « les attaques sans précédent » contre leurs services « sous couvert de contraintes budgétaires ».

Lille, Angers, Toulouse… Dans ces villes et bien d’autres encore, les agents de la DGFIP (Finances publiques) organisent ce 17 octobre -date d’échéance de la taxe foncière- des actions de blocages de sites à l’appel de trois syndicat (FO, CGT et Solidaires).

Les personnels indiquent que la DGFIP « est en danger ». Ils entendent protester contre le sort réservé depuis quelques années à cette administration régalienne de l’État.

Considérée par le gouvernement comme un secteur non prioritaire au plan des moyens et des effectifs, la DGFIP voit fondre en effet ses effectifs comme neige au soleil. Jusqu’à mettre désormais en péril la qualité de réalisation des missions.

36 000 emplois perdus en quatorze ans

C’est un « affaiblissement constant » de la DGFIP soulignent les syndicats notant que cette situation aggrave les conditions de travail des agents et augmente sans cesse leur charge de travail. Les personnels contestent ainsi « le retrait de l’action publique et des services qui la mettent en œuvre. »

Depuis 2002, 36 000 emplois ont ainsi été perdus au sein de la DGFIP . Depuis 2009, 631 trésoreries ont fermé leurs portes. Alors que ces trois syndicats dont FO ont lancé une campagne d’actions depuis le 10 octobre, les blocages de ce lundi marquent une étape revendicative avant la grande journée de grève nationale à la DGFIP le 15 novembre prochain.

« Alors que le contexte est dégradé, nos ministères jouent les pyromanes » s’indigne Hélène Fauvel, la secrétaire générale de FO DGFIP. « Leur seul objectif est de réduire les déficits. Alors ils sont les champions des artifices budgétaires ». L’administration compte désormais les apprentis dans l’effectif des agents à temps plein indique la militante.

Des réformes qui pèsent sur les conditions de travail

De leur côté, les personnels des finances publics soulignent leurs difficultés croissantes à assumer « les missions d’accueil mais aussi de gestion des dossiers, de lutte contre la fraude fiscale ou encore de conseils aux collectivités ». Cette situation dégradée pourrait être encore aggravée par la gestion du prélèvement à la source l’an prochain.

Pour les agents, cette situation ne tient pas du hasard. La perte d’effectifs est servie depuis plusieurs années par une cascade de réformes de restructurations des services.

De la RGPP (révision générale des politiques publiques) à partir de 2007 à la MAP (modernisation de l’action publique) dès 2012 puis à la Revue des missions ou encore la Réforme territoriale (redécoupage des régions réduites de 22 à 13) et celle des services déconcentrée de l’État (réforme calquée sur la réforme territoriale), les personnels subissent des fusions ou suppressions de services qui pèsent de plus en plus sur les conditions de travail.

Rien que depuis juin 2015, indique la fédération FO des Finances, 600 services de la DGFIP ont disparu ou fusionné. Cette situation doit cesser insistes les agents, prêts à poursuivre l’action jusqu’à la fin de l’année.

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